Des malades continuent de gémir dans des conditions inhumaines dans les centres hospitaliers du pays. Face à cette situation qui met danger les personnes les plus vulnérables, Me Mario Joseph, le responsable du Bureau des Avocats internationaux (BAI) dénonce les gaspillages au niveau de l’État et appelle les acteurs investir davantage dans la santé et à mettre en application l’article 19 de la Constitution qui fait à l’État l’impérieuse obligation de garantir à la population, le droit à la vie, à la santé et au respect de sa personne.
«Plusieurs décès de patients ont été enregistrés dans le pays ces derniers mois. Ce n’est pas un fait nouveau, de telles situations se répètent régulièrement à cause de l’inefficacité des soins de santé dans les hôpitaux, la précarité financière d’une bonne partie de la population, la corruption qui gangrène l’administration publique qui empêche une bonne gestion du système sanitaire et par conséquent cela traduit une faille généralisée par rapport à l’accès aux soins de santé qui constitue l’un des principaux piliers des droits fondamentaux, dont le droit à la vi», a évoqué l’avocat Mario Joseph.
En ce sens, la mort de la jeune étudiante en sciences infirmières, le dimanche 28 mai 2023 dans le département du Sud, dans une salle d’urgence pour manque d’argent, démontre clairement à quel point ce droit est bafoué, sans oublier le décès de la mère du chanteur Roody Petuel Dauphin dit Roody Roodboy et tant d’autres victimes qui complètent cette liste, a-t-il poursuivi.
Selon l’homme de loi, le commissaire du gouvernement des Cayes, Ronald Richemond n’a pas bien réagi en décidant de fermer les portes de ce centre hospitalier qui desservait une bonne partie de la population du Sud. «Il importe au parquetier d’interroger le directeur départemental de la santé dans le Sud pour savoir quel suivi qui a été fait dans le cadre du fonctionnement de ce centre médical. C’est le ministère de la Santé publique qui devrait régulariser le mode de fonctionnement des hôpitaux, car toute institution privée est d’abord une entreprise à but lucratif qui exige de l’argent en retour de ses services. En outre, l’État doit prendre ses responsabilités pour garantir des soins de santé pour tout le monde. L’action du commissaire démontre clairement qu’il n’est pas bien imbu de son rôle et n’est pas également bien renseigné sur les droits humains lorsqu’il décide de mettre l’action publique en mouvement contre une institution qui accompagne l’État dans l’une de ses responsabilités», a précisé le responsable de la BAI.
Pour éviter de telles dérives et le nombre des victimes de cette catégorie sur le territoire, Me Mario Joseph croit qu’il est nécessaire que les responsables de l’État abordent ce problème avec soin en s’accentuant sur les diverses conventions signées par Haïti devant la commission interaméricaine, concernant le droit à la santé. « Les soins de santé doivent être accessibles à tous, en tous lieux et surtout des soins de qualité», soutient-il. In fine, le législateur peut décider sur la question à travers une loi qui garantit le paiement des frais pour les malades à partir d’un fonds de santé disponible pour accompagner les personnes les plus vulnérables, conclut-il.
Oberde Charles
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.