“Bienvenue à la famille Bolloré” : Arnaud Lagardère bénit Vivendi

« Une formidable opportunité », voilà ce que représente l’intégration à Vivendi aux yeux du PDG et fils du fondateur. D’autant qu’elle intervient « à un moment de notre histoire où nous avons réussi la transformation du groupe Lagardère », précise-t-il dans une communication interne.

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Lagardère à l’abri 

« Nous avons développé et placé aussi sur le podium mondial notre métier d’éditeur de livres dont tous les experts nous disaient à l’époque qu’il était voué à s’éteindre rapidement », assure le DPG. « Nous avons aussi conservé et protégé notre pôle Médias (Radios, Paris Match, Le Jounal du Dimanche). »

Et structurellement, ce fut la fin de la commandite mise en place, qui garantissait un total contrôle de l’entreprise — dégageant une voie royale à Vincent Bolloré, quelques mois plus tard.

Pérennité et groupe familial

« Vivendi nous apporte cette pérennité et bien plus encore », poursuit le VRP de luxe, qui depuis décembre 2021 n’a cessé de multiplier les marques d’affection à Vincent Bolloré. Un soutien indéfectible,  c’est connu.

L’avenir sera au développement, « au sein d’un groupe familial», garantit Arnaud Lagardère. Et comme dans toute famille, c’est connu, s’instaureront « une stratégie de long terme, des objectifs clairs et des mesures de performances rationnelles ». Bienvenue dans le monde rêvé des Thénardier ? Pas loin…

L’OPA aurait toutefois le mérite de protéger le groupe « des prédateurs financiers court-termistes ». On ignore si les salariés du groupe, eux, seront également mis à l’abri des logiques d’économies qui président aux grandes fusions.

Arnaud Lagardère © Lagardère

Vincent B., le mal-aimé

« Je voudrais aussi dire un mot à propos de mon ami, de notre ami, Vincent Bolloré, pris à partie ces derniers temps par des personnes qui auraient bien voulu que je donne un coup de pied à quelqu’un qui nous a donné un coup de main », lance le PDG.

Et de louer une bienveillance de longue date « à l’égard de Jean-Luc Lagardère, qui lui rendait bien par ailleurs ». Une loyauté s’imposerait donc : « Ce sont des choses qu’il ne faut jamais oublier. » Rien à voir avec le fait que le milliardaire breton ait épongé les dettes du jeune Arnaud — estimées à 214 millions € en 2019.

Soutenir ce rapprochement Vivendi/Lagardère relèverait de la fidélité à la mémoire de son père, aux valeurs du groupe. Car « Vincent Bolloré aime notre entreprise, il est admiratif de notre rebond ces dernières années, il est fier que nous le rejoignions et il a consenti des sacrifices importants pour aller au bout de cette opération », s’emballe le PDG.

Un pour tous, tous pour… Vivendi

Amené à présider le groupe jusqu’en 2026, fin de son nouveau mandat — découlant des changements structurels de 2021 —, Arnaud Lagardère revendique une union qui fera la force. Ainsi, « nous serons, Vincent Bolloré, ses enfants, moi-même, vous toutes et vous tous, main dans la main, et unis pour le meilleur et lors des futurs défis que nous devrons relever. Bienvenue donc à la famille Bolloré». Sic.

Et de saluer des collaborateurs, « remarquables de volonté et d’excellence durant ces dernières années très chahutées ». Une « nouvelle page » s’écrira pour le groupe, à présent que les conditions sont réunies. Objectif, l’infini et au-delà, façon Buzz l’Éclair, mais tout d’abord, « la première marche du podium mondial dans l’Édition et le Travel Retail ».

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Paris Match, Europe 1 ou encore le JDD et RFM, le volet Lagardère News, se sentent-ils déjà revendus ?

Construire le futur ou acheter l’avenir

Yannick Bolloré, Président du Conseil de surveillance de Vivendi, estimait ce 9 juin que la décision de la Commission européenne était « une excellente nouvelle pour Vivendi qui va pouvoir mener à bien son projet ambitieux de développement avec le groupe Lagardère. Ce rapprochement répondra à notre ambition stratégique d’internationalisation de nos activités et à notre volonté d’être un acteur mondial de référence de la culture et du divertissement »

Cet avenir heureux débutera peut-être avec Simon & Schuster : le groupe éditorial américain, dont la vente à Penguin Random House fut refusée en justice, intéresse toujours. « Vivendi nous suivrait pour le rachat », assurait-on chez Hachette Livre en octobre 2022. Faites vos jeux…

Crédits photo © Vivendi


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