Le musée du Louvre inaugure les bosquets des Exèdres restaurés au cœur du jardin des Tuileries

Les bosquets des Exèdres, situés au cœur du jardin des Tuileries, retrouvent leur éclat après une restauration complète. Cent trente-cinq nouveaux arbres ont été plantés dans des sols régénérés et des plates-bandes forestières ont été aménagées pour développer la biodiversité du jardin, grâce au soutien de DIOR et de Moët Hennessy. Érables de Montpellier, noyers d’Amérique et magnolias de Kobe ont rejoint les marronniers d’Inde, chers à André Le Nôtre, pour diversifier les essences et apporter un peu plus de fraîcheur et de couleurs au plus majestueux des jardins à la française.

Créé en 1564, puis redessiné par André Le Nôtre (1613-1700) pour le roi Louis XIV, le jardin des Tuileries est un chef-d’œuvre de l’art des jardins réguliers dits « à la française ». C’est aussi un magnifique musée de sculptures en plein air, fréquenté par 14 millions de visiteurs chaque année.
En charge de la gestion du jardin depuis 2005, le musée du Louvre est engagé depuis plusieurs années dans un programme de revégétalisation et de restauration afin de redonner au jardin toute sa beauté et sa richesse historique. Après le bosquet des Oiseaux, la Grande Allée et les Roseraies, c’est au tour des bosquets des Exèdres d’en bénéficier.

Les bosquets des Exèdres

Situés au cœur du Domaine national du Louvre et des Tuileries, les deux bosquets des Exèdres sont parmi les plus précieux du Grand Couvert. Dès 1665, André Le Nôtre, le créateur des jardins du roi Louis XIV, structure les bosquets de marronniers autour de parterres en creux qu’on appelle boulingrins. À partir de 1794, des bancs semi-circulaires, appelés exèdres, et des sculptures en marbre d’inspiration antique, les chimères, sont ajoutés. C’est un héritage de la Révolution française.
En 1995, lors de la rénovation du jardin par les paysagistes Pascal Cribier et Louis Benech et l’architecte François Roubaud, les boulingrins des Exèdres sont transformés en bassins.

Trente ans après leur dernière rénovation, ces bosquets étaient fortement dégradés : des marronniers manquaient dans la trame de Le Nôtre et certains étaient en mauvais état sanitaire ou en fin de vie.

Le musée du Louvre, accompagné par Denis Dodeman, architecte en chef des Monuments historiques en charge du jardin des Tuileries, vient d’achever la restauration de ces bosquets. Entamé à l’automne 2022, le chantier a consisté à régénérer les sols, à augmenter les surfaces plantées et à restaurer les bancs, les décors, les boulingrins ainsi que les bassins.

 

QUELQUES CHIFFRES :

Surface totale des bosquets : 7 300 m²
La surface plantée passe de 700 m² à 1 700m² 
Nombre d’arbres plantés : 135 soit 57 de plus que l’existant
6 nouvelles essences d’arbres
– Rénovation du patrimoine sculpté :
       4 chimères, 2 exèdres, 6 socles de sculptures
–  Coût de l’opération : 1,9 million d’euros
14 millions de visiteurs estimés chaque année au jardin des Tuileries.

 

La replantation des bosquets

Diversifier les essences

Introduits par Le Nôtre, les marronniers représentent 50% des arbres du jardin des Tuileries. Cela les rend vulnérables aux attaques de maladies et de parasites, qui se transmettent plus facilement au sein d’une même espèce.
D’autres essences ont donc été choisies pour favoriser la biodiversité. Déjà présentes dans les villes et parcs d’Île-de-France, elles sont plus résistantes aux maladies et parasites. Elles s’adaptent mieux aux sécheresses et aux forts écarts de température.
Côté sud, le choix s’est porté sur l’érable de Montpellier, le chêne chevelu et le mélia, originaires du bassin méditerranéen ou du Moyen-Orient, en lien avec les bancs et les sculptures d’inspiration antique. Côté nord, le noyer d’Amérique, le savonnier et le magnolia évoquent les expéditions botaniques contemporaines de la construction des Exèdres. 
En tout, cent-trente-cinq arbres ont été plantés.

Plus de fleurs et de couleurs

L’introduction de plates-bandes forestières au pied des arbres permet d’augmenter la surface plantée, évite le piétinement et favorise le déploiement des racines.
Ces nouvelles plates-bandes et les pentes des boulingrins se parent d’arbustes et de vivaces choisis autant pour leurs floraisons que pour les couleurs de leurs feuillages.  
Outre le blanc partout présent, l’Exèdre sud s’égaye de touches de violet grâce aux fleurs des daphnés, des aulx, des cyclamens et des rosiers. Au Nord, le jaune des savonniers, des lys des Incas et des heuchères apporte de la lumière et de la gaieté au bosquet.  Grâce à ces plantations, la surface plantée des bosquets est passée de 700 m² à 1 700 m².

La restauration du patrimoine sculpté

Les bosquets des Exèdres tirent leur nom des bancs en demi-cercle taillés dans le marbre, installés à l’Ouest de chacun des deux boulingrins. Ces structures ont été commandées en 1793, sur une idée du peintre David : sur ces Exèdres auraient dû siéger de sages vieillards qui auraient donné des conseils à la jeunesse. 
La référence à l’Antiquité ne s’arrête pas là : les accoudoirs en forme de chimère ou de sphinge s’inspirent directement d’un monument funéraire de Pompéi.
Dès 1797, plusieurs sculptures ont été installées dans les bosquets : la Vénus Callipyge, le Faune au chevreau et les célèbres « coureurs de Marly », Hippomène et Atalante au Nord ainsi que Apollon et Daphné au Sud, venus du parc du château de Marly.

Au XXe siècle, les six sculptures originales ont été mises à l’abri au sein du musée du Louvre, dans la cour Marly et remplacées dans le jardin par des reproductions en résine et poudre de marbre.

Le patrimoine sculpté a été entièrement restauré :

• Restauration des bancs des Exèdres : nettoyage et changement ponctuel des pierres abîmées
• Création de copies des quatre chimères :
      – modélisation 3D, reconstitution des parties abîmées d’après des documents anciens (dessins, gravures, photographies)
      – mise à l’abri des originaux
      – réalisation de copies en marbre par un sculpteur
• Restauration des socles des sculptures des quatre Coureurs de Marly, de la Vénus Callipyge et du Faune au chevreau.

 

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