Côte d’Ivoire : La quadrature des 2 mondes ?

Abidjan

Koné Kobali a fait le constat sur l’évolution de la Côte d’Ivoire au cours des dernières années. Selon lui le pays initialement conçu par Houphouët pour être uni, mais semble maintenant être divisé en deux mondes opposés, et cela s’est produit en un peu plus de 12 ans.

D’autres doutaient et s’interrogeaient sur son opportunité quand d’autres y vivaient sans hasarder une œillade au-dessus de la clôture ! Ça y est, notre Pays taillé à l’origine par Houphouët pour être une seule nation, s’est mis dans la balance deux mondes bipolaires en l’espace d’un peu plus de 12 ans. Deux mondes distincts par leur originalité et leur anachronisme. J’imagine qu’il y a un monde ou le luxe brille de toute son insolence, en face duquel il y a un autre monde ignoré celui-là, sombrant dans un étang de crottes et de difficultés !

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Question : Comment un pays peut-il produire deux espaces-pays dans le même territoire ? Pourquoi un pays se subdiviserait-il, se scinderait-il ? Quels en sont les objectifs urbanistiques et sociaux ? Y a-t-il une ou des cibles fixes ? Y a-t-il plus de deux espaces-pays ? Je précise que mon mérite réside dans le fait de poser les bonnes questions et non d’y répondre ! De toutes les façons je ne peux pas tout faire moi seul !

Ceci dit, et si avec votre permission on nommait les deux mondes qui semblent s’imposer à notre conscience de Citoyens ? Votre permission étant acquise je m’en vais distinguer : -un monde de la vie- et -un monde de la survie-. À la fin des deux il y a l’empire de la mort (clinique et physique). Celui-là que tu sois du premier ou du dernier monde, personne n’y échappe. La mort après sa constatation médicale est un état qui échappe aux vaniteuses mondanités dont certaines divinités politiques raffolent ! Est-ce qu’il existe des règles qui permettent de passer d’un monde à l’autre ?

Notamment du monde de la survie au monde de la vie ? Ces règles ont-elles été publiées dans le journal officiel, de sorte à informer le plus largement possible ceux que cette forme de promotion intéresserait ? L’adage juridique ne dit-il pas : « nul n’est censé ignoré la loi » ? Je vous sais très perspicaces en effet, la question que je cherche à formuler vainement est la suivante : comment deux mondes séparés par une bande frontalière large et longue de plusieurs kilomètres, peuvent se dresser et coexister indépendamment, sans que les planificateurs spontanés ne s’en aperçoivent ?

À la question ces deux mondes ont-ils été planifiés et exécutés ? Je répondrai prudemment par un oui à côté duquel je place en guise de garde-fou, un non ! Oui parce que le gouvernement est censé être le baromètre et l’arbitre de la planification publique. Rien ne peut émerger spontanément (peu importe sa forme) sur le territoire national sans que l’État qui a un rôle de vigile, n’en soit saisi ou tenu automatiquement responsable !

Pour le compte du non car on vient de finir avec celui du oui, je dirai à la décharge du gouvernement, que celui-ci a beaucoup de dossiers à traiter. Comme par exemple la conceptualisation d’une classe moyenne que nous épions toujours au point d’avoir les yeux bouffis d’un espoir en passe d’être vain. Mais en même temps je me rends compte que l’émergence de deux mondes l’un donnant dos à l’autre, ne se réalise pas en une nuit et une demi-journée !

Seule la patience et l’abnégation permettent de bâtir solidement deux ou plusieurs mondes sur le même espace-pays ! Le fait que des ivoiriens se sentent exclus du monde prémium et se s’entassent dans un autre aux caractéristiques innommables, suffit à attester de son existence factuelle. Lorsqu’une politique comme celle de l’école œuvre à la déscolarisation du système scolaire national, cela se voit à travers les notes de classes. Il me semble que dans toutes les sociétés du monde il y a au moins deux mondes. Le monde des riches et le monde des pauvres. Ici dans mon pays les chercheurs semblent avoir concluent qu’il s’agit d’une pauvreté structurelle ! Une pauvreté spontanée.

Un niveau de pauvreté qui a pour source l’inaptitude de certains commis de l’État à conduire les choses de l’État au niveau gouvernemental. L’ayant compris le Président de la République dès 2019 a pris le taureau par les cornes en nommant de façon progressive au poste de la promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption, Monsieur Zorro Bi Épiphane.

Est-ce que ce grand et prestigieux ministère a échoué par inaction ou par déficit de résultats probants ?  Toujours est-il que sans forcer nos talents nous nous sommes dotés, désormais, de deux mondes diamétralement opposés. C’est cette diamétralité qui cause le problème. Elle permet d’entrevoir le fait que nos deux mondes ne sont pas appelés à s’interpénétrer.

La singularité de ces deux mondes n’a pas encore réussi à établir entre elle, une dynamique positive. En effet, rien n’indique qu’entre le monde prémium et son « cadet », le passage du « témoin » ou la recomposition des élites méritantes, est dans une quelconque mesure, envisageable à moyen terme ! Maintenant que notre pays s’illustre par deux mondes qui rament chacun de son côté à contre-courant, le challenge consiste à les unifier ou à institutionnaliser ces deux entités. Tout est une question d’ambition. Au fait pour illustrer notre démonstration, Adou Richard est dans quel monde aujourd’hui ?!

Si ça se trouve la mécanique qui permet de passer du monde prémium pour le monde « bana bana », est le trajet le plus prisé et le plus exploité ?! Heureusement qu’en Côte d’Ivoire le problème de la quadrature des deux mondes n’est pas insoluble ! Ici, dans notre pays on ne devrait plus parler de volonté politique, mais de devise nationale :

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Union-Discipline-Travail- Tout est là ! L’émergence des deux mondes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui à pour cause, la volonté politique. La volonté politique est trop politique quand la devise nationale : « résume l’idéal commun et la volonté d’œuvrer ensemble à la construction de la Côte d’Ivoire ». Enfin, si tant est qu’il y a bien deux mondes en Côte d’Ivoire, qui donc à l’honneur de diriger ses deux entités psychologiques ?

KONÉ KOBALI

Libre auteur, créateur

Côte d’Ivoire : « Le capitalisme de 1960 à nos jours, est un échec » (Libre auteur)

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