Au Congo, un café d’exception symbole d’espoir

Pouvez-vous nous parler de l’histoire de la caféiculture au Congo ?

Nous supposons que la région Nord-Est du Congo est à l’origine du robusta. Nous savons aussi que le robusta est indigène dans les forêts équatoriales d’Afrique, en Ouganda, en République démocratique du Congo (RDC), du Soudan du Sud à l’Afrique de l’Ouest. Ses premières traces remonteraient à 1,6 million d’années ! D’après nos informations, les explorateurs européens ont découvert le robusta en Ouganda vers 1862 et cette espèce de caféier a été officiellement reconnue en 1897.

Au fil du temps, le café a perdu son importance culturelle en Ouganda et est devenu une culture de rente. Le gouvernement colonial a ainsi établi de grands domaines de robusta dans le centre du pays et a introduit des variétés d’arabica en provenance d’Éthiopie et du Malawi. Au Congo voisin, l’histoire du robusta est parallèle à celle de l’Ouganda, mais la partie du puzzle concernant l’arabica est toujours en cours d’investigation. Elle a sans doute beaucoup à voir avec les colonisateurs belges qui, dans les années 1930, ont introduit des variétés Bourbon, à l’origine de l’arabica. Après l’indépendance du Congo en 1960, les étrangers ont été chassés et les grandes plantations ont été abandonnées. Les terres ont alors été nationalisées au profit des agriculteurs mais les conflits civils ont entraîné une chute brutale de la production dans les années 1980.

Aujourd’hui, l’objectif du programme Reviving Origins est de mettre en avant le travail de chaque producteur de café et d’offrir aux caféiculteurs congolais une valorisation de leur travail dont ils n’ont jamais bénéficié auparavant.

Quelles sont les particularités du terroir congolais et quel est son potentiel ? 

La RDC a une longue tradition de café, mais l’instabilité politique a fait fuir la plupart des caféiculteurs et a mis un frein à la production de café. Aujourd’hui, le pays n’exploite pas son plein potentiel, avec une production plus de dix fois inférieure à celle de l’Ouganda. La majeure partie de sa production est constituée de robusta, soit environ 80 %, mais l’arabica présente également un grand potentiel car les rives du lac Kivu offrent un terroir exceptionnel pour un café de grande qualité.

L’altitude, qui oscille entre 1’800 et 1’900 mètres, est idéale. Les sols volcaniques fournissent des nutriments, comme le phosphore ou le potassium, et leur drainage ainsi que leur porosité facilitent le développement de la plante arabica. Une fois récolté, le café étonne par sa qualité. Cependant, lorsque vous le recevez, il n’est pas rare de constater que des grains sont abîmés. Cela témoigne de failles en termes de techniques de production : le café n’est pas lavé et il est décortiqué de manière très rudimentaire. Il a fallu mettre en place de bonnes pratiques, telle la méthode du café lavé qui s’accompagne d’une phase de fermentation. Un programme de traçabilité a aussi été établi afin d’assurer une identification claire de la provenance des grains.

Le café «Kahawa ya Congo» est le premier café bio du programme Reviving Origins. Cette certification a-t-elle nécessité la mise en place de nouvelles étapes de production par rapport à ce qui avait été réalisé précédemment avec les caféiculteurs colombiens, du Zimbabwe ou de l’Ouganda ?

Avec la mise en œuvre du Programme AAA, nous avons développé un projet pour la mise en pratique d’une production raisonnée au niveau climatique, comme la création de pépinières, le renforcement des pratiques bios, le développement des connaissances et l’amélioration de la qualité du café. Mettre en lumière un travail durable impliquant une culture biologique est un investissement sur le long terme. Par son expérience depuis 2003 dans le cadre du Programme Nespresso AAA pour une Qualité Durable et sa proximité avec les producteurs de café, Nespresso souhaite valoriser les bonnes pratiques de culture tout en conservant les richesses de la tradition locale. Le potentiel du Kivu en termes de qualité des grains de café est exceptionnel. En réalité, les agriculteurs locaux ont toujours pratiqué une culture bio. L’enjeu a donc été de renforcer cette qualité et de la certifier sur l’ensemble des étapes de la production.

Quelles sont les spécificités du café «Kahawa ya Congo» et comment conseillez-vous de le déguster ?

«Kahawa ya Congo» est un café très équilibré, avec des notes de fruits, une agréable douceur et des senteurs de céréales rappelant le biscuit. Pour notre système Original, nous le recommandons en espresso ou, en lungo, pour ceux qui apprécient un peu plus d’amertume dans leur café. Pour le système Vertuo, la taille mug (230 ml) est conseillée. Pour les amateurs de macchiato, ce café est parfait car un peu de lait mettra en valeur sa douceur et ses notes de noix.

 

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