Situation conomique: aprs un rebond en 2022, la croissance de l’conomie nigrienne surfe sur de perspectives reluisantes pour les prochaines annes (Banque Mondiale)


Lconomie nigrienne a fortement rebondi en 2022 la faveur dune bonne saison agricole et la croissance devrait suivre une tendance positive en 2023, pour atteindre un taux de 6,9 %, et pratiquement doubler lhorizon 2024 (12,5 %) si les autorits ralisent leurs objectifs de production ptrolire. C’est la principale conclusion du dernier rapport de la mise jour de la Situation conomique du Niger dont les rsultats essentiels ont t prsents lundi 19 juin 2023 au cours d’un atelier de dissmination du rapport organis par la Reprsentation du Groupe de la Banque mondiale au Niger en partenariat avec le Ministre du Plan. Selon le rapport, malgr ces perspectives favorables, le Niger reste toutefois fortement expos aux chocs climatiques, ainsi qu’au risque de dtrioration de la situation scuritaire, des facteurs qui pourraient susciter un fort mcontentement social et entraner des dpenses publiques supplmentaires, ce qui compromettrait la ralisation des objectifs budgtaires.

L’atelier de dissmination du rapport de la mise jour de la situation conomique du Niger s’est droul au Radisson Blu htel de Niamey en prsence du Secrtaire gnral adjoint du Ministre du Plan, M. Mamane Sama, du Reprsentant rsidant de la Banque mondiale au Niger, M. Han Fraeters, ainsi que des reprsentants des instituions et structures nationales et rgionales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des cadres et experts du groupe de la Banque mondiale qui ont intervenu en visioconfrence sur certains aspects majeurs du rapport.

Renforcer la rsilience financire des leveurs face la scheresse

Selon le rapport, aprs deux annes marques par une croissance terne, l’conomie nigrienne sest fortement redresse en 2022. Un rebond qui s’explique principalement par une bonne saison agricole, la faveur de prcipitations favorables et dune expansion des terres irrigues. Cependant, ont relev les auteurs du document, un degr lev dincertitude et des risques pourraient lavenir affecter la croissance, comme la situation scuritaire et les chocs climatiques.

Le rapport prsente une vue densemble de la conjoncture conomique et des niveaux de pauvret au Niger en 2022, ainsi que les perspectives de croissance pour les trois prochaines annes. Dans un dossier spcial intitul « Renforcer la rsilience financire des leveurs face la scheresse », les auteurs ont galement analys lintrt pour les leveurs de recourir des instruments de financement et d’assurance des risques de catastrophe afin d’attnuer les consquences socio-conomiques nfastes des chocs climatiques. « L’levage occupe une place prdominante dans l’conomie nigrienne, avec une contribution de prs de 15 % au PIB. Or, ce secteur est fortement expos aux chocs climatiques », a expliqu M. Han Fraeters, responsable des oprations de la Banque mondiale pour le Niger. En ce sens, il a indiqu que « les solutions de financement et d’assurance des risques de catastrophe peuvent contribuer de manire dcisive attnuer les effets nfastes des chocs climatiques sur les leveurs, qui constituent l’une des populations les plus pauvres et les plus vulnrables du pays. Ces communauts sont trs exposes ces chocs et peinent les grer et s’en remettre ».

Par ailleurs, la campagne agricole favorable de 2022 a tir la croissance conomique, entranant une augmentation de 7,5 % du revenu moyen par habitant. Cette hausse a fait diminuer le taux de pauvret de 6,4 points de pourcentage entre 2021 et 2022, entranant une rduction du nombre de pauvres, un taux qui devrait continuer baisser pour stablir 45,2 % en 2025.

Perspectives favorables malgr les dfis

Selon le rapport, la croissance conomique du Niger devrait suivre une tendance positive en 2023, pour atteindre un taux de 6,9 %, et pratiquement doubler lhorizon 2024 avec une volution deux chiffres (12,5 %), « si les autorits ralisent leurs objectifs de production ptrolire », prviennent les auteurs du rapport. Le dficit budgtaire devrait ainsi se rduire en 2023 pour ressortir 5,3 %. Cependant, tempre le rapport, pour ramener le dficit 3 % du PIB, conformment au critre de convergence fix par l’Union conomique et montaire ouest-africaine (UEMOA), « le gouvernement devra assurer une gestion rigoureuse des revenus ptroliers attendus, mobiliser des recettes non ptrolires et grer avec efficacit les pressions sur les dpenses dans un contexte de chocs frquents ».

« Il faut amliorer de toute urgence la gestion du secteur ptrolier et des recettes futures en adoptant une stratgie assortie d’une feuille de route prcise pour la mise en place et en uvre dun fonds de stabilisation. Ce fonds devra tre bas, entre autres, sur un prix de rfrence. Son objectif sera de protger le budget contre la volatilit des prix du ptrole et de garantir une utilisation des nouvelles ressources de manire efficace pour rduire la pauvret et renforcer la croissance long terme », a de son cot recommand M. Blaise Ehowe Nguem, conomiste la Banque mondiale en charge du Niger et coauteur du rapport.

Le rapport fait ressortir que le Niger est fortement expos aux chocs climatiques, ainsi qu’au risque de dtrioration de la situation scuritaire. Des facteurs qui selon les auteurs, pourraient susciter un fort mcontentement social et entraner des dpenses publiques supplmentaires, ce qui compromettrait la ralisation des objectifs budgtaires. « Le gouvernement du Niger dploie des efforts considrables pour mettre en uvre des rformes pour soutenir une croissance durable », a estim M. Paolo Di Lorenzo, conomiste senior la Banque mondiale et coauteur du rapport. Toutefois, a-t-il indiqu, « compte tenu des multiples incertitudes causes par diverses crises, dont le changement climatique, les priorits doivent tre redfinies et renforces. Il faut notamment amliorer la mobilisation et la gestion des recettes publiques afin de tirer pleinement profit des possibilits de croissance et de progression du bien-tre social, mais aussi renforcer la rsilience aux chocs ».

Il faut noter que dans l’allocution qu’il a prononce cette occasion, le Secrtaire gnral adjoint du Ministre du Plan a tenu saluer la Banque Mondiale pour llaboration de ce rapport combien important pour le Niger. « Le Niger est un des pays les vulnrables aux changements climatiques » a rappel M. Mamane Sama qui a saisi l’occasion pour mettre en exergue que malgr les dfis, la croissance enregistre une volution assez remarquable avec un taux de croissance qui n’a cess de progresser sur les trois dernires annes passant de 3,6% en 2020 6,3% en 2021 et 11, 9% en 2022, grce notamment au bon droulement de la campagne agricole.

« Le Niger, comme de nombreux autres pays du continent, fait face de nombreuses crises aux impacts socio-conomiques svres. Malgr cela, le pays fait preuve dune certaine rsilience, mme si la dtrioration de la situation politique rgionale et internationale ainsi que le durcissement des conditions financires internationales sont des sources dincertitudes majeures pour les perspectives conomiques. La Banque mondiale reste et restera aux cts du Niger en termes de soutien financier, mais aussi en termes d’expertise et d’analyse conomique, qui sont tout aussi importantes. » M. Han Fraeters, Reprsentant rsident de la Banque mondiale au Niger.

Le Reprsentant rsident de la Banque Mondiale a tenu exprimer toute sa gratitude pour la parfaite collaboration avec l’ensemble des institutions nationales et autres partenaires du pays qui ont contribu l’laboration de ce rapport qui donne un angle de vue assez succinct de l’volution ainsi que des perspectives de la situation conomique nationale du pays. M. Han Fraeters a galement saisi l’occasion pour souligner que la mise en place des solutions de financement des risques de catastrophes peuvent renforcer la rsilience financire des leveurs.

A.K. Moumouni


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