Lucas Liard, de l’Amérique aux Foulées de la cathédrale, à Chartres

Heureux d’être à la maison. En ce mois de juin, Lucas Liard a retrouvé sa famille, ses repères chartrains, son coach Patrick Janvier, ses camarades de l’Aclam… Tout un univers dont il s’était éloigné à plus de 7.000 km.

Pendant trois ans et demi, l’athlète eurélien, 27 ans, a vécu aux États-Unis. Un pays qui le fascine. « Je suis un mordu de cinéma. À travers les films, je vais en voir environ 300 par an, j’ai toujours été attiré par la culture américaine et par le rapport au sport qu’il peut y avoir là-bas », explique Lucas Liard.

Foulées de la cathédrale : le tenant du titre, Sylvain Dodé, forfait

En 2020, son bachelor en école de commerce en poche, après un parcours parfois cahoteux – « J’ai eu du mal à trouver ma voie » -, il a décidé de sauter le pas. D’aller vivre son rêve américain. Grâce à son bon niveau régional en athlétisme, il a pu dégoter une bourse complète pour intégrer une université. Frais de scolarité, hébergement et repas payés. Tout cela via USA-Project, structure dirigée par l’ancien international tricolore Martin Casse.

Le champion d’Eure-et-Loir de cross 2019 avait le choix entre la Caroline du Nord et la Floride. Il a opté pour l’État le plus au sud de la côte est. Pas dans la baie de Tampa, réputée pour ses plages et ses fêtes étudiantes. Mais, à 60 km au nord, dans le “petit” campus de Saint-Leo – 5.000 étudiants, tout de même ! – basé à San Antonio.

Arrivé sur place en plein duel Trump – Biden pour la présidentielle, Lucas Liard précise : 

« C’est l’Amérique un peu profonde, avec des terres agricoles, assez riche et très conservatrice. Il y a tout le folklore qui va avec. Les drapeaux sur les façades des maisons, les énormes 4×4, le panier de basket, le gazon immaculé… Le campus, avec ses bâtiments assez “classe”, est très agréable, mais il n’y a pas grand-chose à faire… » 

En dehors d’un road-trip jusqu’à La Nouvelle-Orléans et d’autres visites – « les paysages sont majestueux » -, l’athlétisme constituait sa principale occupation. Logique, avec seulement une dizaine d’heures de cours par semaine dans le cadre de son MBA (Master en business administration)…

« Six jours sur sept, on s’entraînait vers 5 h 45 du matin. L’après-midi, deux fois par semaine, il y avait renforcement musculaire. Je me considérais plus comme un sportif que comme un étudiant. »

Début d’expérience difficile

Cette nouvelle vie, Lucas Liard a eu du mal à s’y faire. Les restrictions liées au covid, la barrière d’une langue qu’il ne maîtrisait pas encore et des relations parfois difficiles avec son coach… « Là-bas, ça marche à la baguette. Même quand on est blessé ou moins en forme, on nous fait courir. Il y a souvent eu des incompréhensions… « 

Dans ce contexte, ses performances en compétition –  « des interclubs puissance 1.000 » – ont d’abord été décevantes. « Ma première saison sur piste, j’étais dépassé ! »

Mais l’Eurélien a fini par s’adapter, entouré de nombreux étrangers : Allemand, Italienne, Australien et Français dont le Castelroussin Arthur Cosson… Un collectif cosmopolite. « Les Américains sont chaleureux, ont le sens de l’accueil. Mais, c’est plus facile de vraiment discuter avec les Européens. »

Tout savoir sur les Foulées de la cathédrale et les Foulées roses

Sans réussir à se qualifier aux Nationaux de la 2e division NCAA avec son équipe des “Lions”, Lucas Liard a accéléré le rythme. Témoin, une 4e place au championnat de Conférence de cross en 2021 ou encore un 29’52 sur 10.000 m.

Ses meilleurs résultats, c’est en 2023 que le Chartrain les a obtenus. Changement de décor après avoir décroché son diplôme, il a atterri à Indianapolis, 1.500 km plus au nord, où il a été transféré pour ses six derniers mois Outre-Atlantique. Météo beaucoup plus froide, -10°C quand il est arrivé, mais contexte plus favorable avec un coach renommé, Brad Robinson.

 

Envie d’y retourner

Dans l’Indiana, où il n’a pas manqué d’assister à un match des Pacers (l’équipe de basket), comme il avait vu plus tôt les Buccaneers de Tampa Bay (l’équipe de football américain), il a battu ses records sur 3.000 m (8’28) et sur 5.000 m (14’42). « Ma plus belle émotion, ça reste ma victoire sur 5.000 m en championnat de Conférence indoor », glisse Lucas.

Ça claque ! Il est rentré en France avec le titre de champion de la Conférence des Grands Lacs, avec l’idée de progresser, en envisageant de monter sur semi ou marathon. Tout en intégrant le monde professionnel.

« Je cherche du travail dans le “business development” et je suis ouvert à tout. Après, je me vois bien retourner aux États-Unis. Ma copine, américaine, est installée à New York et j’aime la mentalité positive des gens là-bas, l’énergie qui se dégage. »

Content d’être là. Mais déjà avec l’envie de repartir… 

Favori aux Foulées de la cathédrale, à Chartres, samedi.
Déjà monté à deux reprises sur le podium des Foulées de la cathédrale, une deuxième place en 2017 et une troisième en 2019, Lucas Liard se présentera sur la ligne de départ avec le statut de prétendant, ce samedi, en l’absence du tenant du titre, Sylvain Dodé.

Le Chartrain, en piste ce mercredi à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) pour un 1.500 m, se dit en forme avant la course coorganisée par
L’Écho Républicain et l’ASPTT Chartres. Une épreuve qu’il aime. « C’est une course populaire avec une atmosphère particulière. J’espère que cette année ça va me sourire !  »

À noter que 1.380 concurrents étaient engagés, ce mardi 20 juin (inscriptions sur
www.foulees-de-la-cathedrale.fr)

Franck Thébault

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.