Cet équipement a été inauguré au village de vacances de la Serre du Can, à Saint-Germain-de-Calberte. Il s’inscrit dans la démarche de labellisation de réserve de ciel étoilé, détenue par le Parc national des Cévennes.
Les Cévennes, réserve internationale de ciel étoilé (Rice), viennent d’inaugurer leur tout premier belvédère d’observation du ciel nocturne. Il se situe au village de vacances du Serre de la Can, sur les hauteurs de Saint-Germain-de-Calberte, en bordure du chemin de Stevenson. Né d’un projet unissant les Parcs nationaux des Pyrénées, des Cévennes ainsi que le Parc naturel régional des causses du Quercy, et financé par des fonds européens, l’équipement a été conçu, fabriqué et posé, en collaboration, par Networks (Amaury Poudray), l’atelier Chatersen et Bois et Via. « On espère que ce premier belvédère en appellera d’autres« , formule Rémy Chevennement, directeur adjoint du Parc national des Cévennes.
Suivre la course des planètes
Ce belvédère est installé dans un lieu dégagé. Ici, il surplombe la vallée. Et il est, surtout, orienté sud. « C’est vers le sud que l’on voit le passage des étoiles« , explique Merry Anfray, président de l’Association des astronomes amateurs en Cévennes. Trois espaces composent l’ensemble : une table d’orientation phosphorescente, qui indique les principales constellations visibles en juillet et août ; un espace agora avec des bancs et une ligne écliptique, qui sert de repère pour suivre la course des planètes du système solaire ; et un bain de nuit, sorte de chaise longue en bois sur laquelle on peut s’étendre pour regarder le ciel. Une plateforme est aussi prévue pour accueillir un télescope. Le tout est en châtaignier des Cévennes, et la pierre extraite de la carrière Galta, voisine.
David Raydon, adjoint au maire, promet « un lieu garantissant le calme et l’observation » : « Ce projet s’inscrit parfaitement dans la stratégie touristique de la communauté de communes, tournée vers le tourisme durable. » « Ici, insiste le vice-président du Parc national des Cévennes, Alexandre Vigne, maire de Lanuéjols (Gard), on peut regarder le ciel, et on peut voir les étoiles. Ce n’est pas le cas partout à cause de la pollution lumineuse, qui fait aussi du tort à la faune et à la flore (…). L’an dernier, sur le causse Méjean, on a mesuré une qualité de la nuit proche de celle du désert d’Atacama, en Amérique du Sud« . Merry Anfray renchérit : « On n’en a pas forcément conscience, mais il y a des endroits où regarder les étoiles ou la Voie lactée est difficile. Pour observer à l’œil nu, il faut le noir. »
Préserver la nuit
Pour limiter au maximum l’impact lumineux nocturne, le Parc national des Cévennes travaille particulièrement avec les communes et les syndicats d’électrification. Les éclairages publics sont rénovés, et les communes invitées à réfléchir sur l’extinction nocturne de ces éclairages. « Les élus adhèrent bien à cette démarche. Ils sont sensibles soit aux économies d’énergie, soit à l’argument de la biodiversité, ou à l’argument de la santé humaine ; la lumière artificielle joue sur le sommeil« , résume Richard Scherrer, délégué territorial PNC, chargé du suivi de la labellisation Rice.
Toutes les communes lozériennes de la zone Cœur du Parc ont mis en place des extinctions nocturnes. Pour garantir la pérennité du label Rice, il faudra poursuivre encore le travail mené sur l’éclairage. Par exemple, prendre en compte le nombre de points lumineux, leur orientation… Et pour tous les acteurs impliqués, former le vœu que ces initiatives se diffusent sur l’aire d’adhésion du Parc national des Cévennes et sur d’autres territoires encore. Pour que la nuit perdure.
Le ciel étoilé, un atout pour le tourisme
Juliette Wettstein, chargée de mission tourisme durable au PNC, l’affirme, l’impact du label Rice sur le tourisme est réel : »Il y a un avant et un après. Il y a un public déjà sensibilisé, qui cherche des destinations pour observer le ciel. C’est le public des astronomes amateurs. » Dès que le label a été obtenu, ils ont pris la direction des Cévennes. D’ailleurs, le Parc national, a développé un label Ciel étoilé accolé à sa marque Esprit Parc pour les prestataires, des gîtes par exemple. Une quinzaine de structures le détiennent. « Et aujourd’hui, ces prestataires n’ont que des demandes de gens qui cherchent à voir la nuit. Certains tapent « gîte » et « étoiles » dans les moteurs de recherche et arrivent comme ça. Alors qu’ils n’auraient jamais eu l’idée de venir dans les Cévennes sans ce label.«
Et il y a aussi le public qui arrive sur place et découvre l’existence de ce label, et les animations qui y sont liées. Laurent Bélier, technicien accueil et sensibilisation au PNC, constate que celles-ci ont un énorme succès. Elles sont prises d’assaut. Pour être grand public, elles ne sont généralement pas uniquement orientées sur l’astronomie, mais aussi sur la faune nocturne, les contes…
Le défi du tourisme durable, tel qu’il est envisagé sur le territoire du Parc national des Cévennes, réside dans l’équilibre. Juliette Wettstein résume : « Venez voir la nuit, mais ne dérangez pas les espèces. Il faut réussir à rendre la nuit accessible tout en la laissant tranquille« . C’est le but des opérations de sensibilisation qui sont menées régulièrement, que ce soit pour les scolaires ou pour le grand public.
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