Le Secrétaire général des Nations unies en Haïti, pour quoi faire?


La balade diplomatique n’a pas cessé sur notre terre d’Haïti. Surtout que l’on est en été. Malgré la lourdeur de la température, il vaut quand même mieux de vivre en Haïti qu’à New-York pour certains des mastodontes, car l’air est plus pur ici qu’ailleurs.

Rappelons-nous que le changement climatique crée des dérèglements extraordinaires au niveau environnemental. C’est ainsi que le printemps a été plus chaud cette année tant aux  États-Unis qu’au Canada. Des milliers d’hectares ont disparu sous les flammes et des cendres polluants ont envahi toute l’atmosphère.

On peut comprendre que certaines personnalités puissent chercher mille et un artifices pour faire une escapade dans des endroits où l’air est plus doux, plus léger. C’est dans ce contexte que nous devons apprécier la visite de quelques heures du chef des Nations-Unies dans nos murs le samedi premier juillet deux mille vingt-trois.

Pour un monsieur de 74 ans et deux mois sous haute pression dans ce building en Verre au 405 E 42nd St, New-York, NY10017, pouvoir respirer au moins 4hres de l’air pur et bénéficier du soleil des Caraïbes, c’est un véritable baume pour sa santé. Compte tenu du fait qu’il est l’objet de pressions de toutes parts, depuis la guerre en Ukraine, en passant par le retrait de la MINUSMA du Mali, la faim qui fait rage dans divers endroits de l’Afrique et autres régions du monde, laisser cet enfer pour venir instruire les girouettes d’Haïti tout en bénéficiant de ce soleil, pour la personne d’Antonio Guterres, cela fait du bien.

Et pour nous autres, peuple haïtien, qui vivotons dans une misère sans nom et une insécurité qui n’a d’égale dans notre histoire de peuple, qu’avons-nous profité de cette visite éclair ?

Qu’est-ce que monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations-Unies a dit lors des rencontres et à la conférence de presse de clôture de sa visite qui n’a pas été déjà dit?

Pourquoi était-il obligé de dépenser cet argent (car un voyage d’un Secrétaire général de l’ONU même pour quelques heures coûte des dizaines de milliers de dollars) ? Au moins ces 30 mille dollars pourraient fournir quelques intrants à l’un des hôpitaux publics du pays pour ne pas dire des plats chauds pour des dizaines d’enfants sous la supervision de l’UNICEF.

Pourquoi jusqu’à date, malgré la forte magnitude de la crise haïtienne, la cécité et la surdité de la communauté internationale persistent-elles ? Est-ce que d’après cette communauté internationale la désagrégation socio-économique n’a pas encore atteint son point de bascule ?

Est-ce que cette communauté estime trop forte l’intensité de la résilience du peuple ? Et chercherait-elle par tous les moyens à la réduire à néant ?

Le peuple haïtien se doit de poser mille et une questions sur l’attitude inhumaine et irresponsable de la communauté internationale qui prend un malin plaisir à le faire tourner en rond en utilisant périodiquement des formules creuses par rapport à sa situation. Il a fallu un voyage de quelques heures pour que le Secrétaire général des Nations unies découvre que le peuple vit un drame et que celui-ci doit être « une priorité pour la communauté internationale” ?

Quelle hypocrisie et quelle ironie!

Oh combien les Nations unies deviennent de plus en plus ridicules en livrant les populations vulnérables à la bouche du lion capitaliste! Et les diverses résolutions prises sur les crimes commis par les gangs, et les dizaines de rapports communiqués par diverses organisations locales et internationales travaillant sur le terrain et les avis de l’UNICEF sur les conditions des enfants d’Haïti, à quoi ces tonnes de papiers ont-ils servi? Peuple haïtien, une fois de plus, ceci démontre qu’il revient à vous et à vous seulement de trouver la solution à la crise aiguë qui menace notre existence.

 

Marcel Poinsard Mondésir 

02/07/2023.-

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