L’État pressé de mettre au point une stratégie face au manque d’eau par ce rapport indépendant

PASCAL GUYOT / AFP L’année 2022, particulièrement chaude et sèche en France, a illustré les tensions qui attendent le pays à l’avenir sur l’eau.

PASCAL GUYOT / AFP

L’année 2022, particulièrement chaude et sèche en France, a illustré les tensions qui attendent le pays à l’avenir sur le manque d’eau.

CRISE DE L’EAU – La technologie ne suffira pas à faire face à la crise de l’eau. C’est le message à retenir du dernier rapport de l’Académie des technologies, publié ce lundi 3 juillet. Cet établissement public de recherche regroupe plus de 300 experts sur le sujet et dépend du ministère de la Recherche.

Dans son rapport, il recommande aux pouvoirs publics de « développer d’urgence » une stratégie sur 30 ans pour anticiper le manque d’eau et précise que les technologies existantes, comme le recyclage ou le stockage de l’eau, ne pourront aider que de façon ponctuelle lors de ces situations.

Plus qu’une stratégie à long terme, il faudrait d’ailleurs commencer par un plan sur cinq ans, puis 15, qui permettrait aux élus locaux de définir leurs actions concernant la gestion de l’eau, estiment les experts. Il faut en effet penser les usages selon les régions, car elles n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes réserves en eau.

Le changement climatique va causer des crises de l’eau

Cette recommandation vient d’un constat : le changement climatique, qui s’élève déjà à +2,9 °C par rapport à la période préindustrielle en France, va avoir de plus en plus d’effets problématiques sur les réserves en eau du pays. À mesure que la sécheresse gagnera du terrain sur les sols, l’agriculture va nécessiter de plus en plus d’eau.

Parallèlement, le pays va faire face à un taux d’enneigement de plus en plus bas, et au contraire à des niveaux d’évapotranspiration (la transpiration naturelle des végétaux, qui est accentuée par la chaleur) de plus en plus hauts. Avec le changement climatique nos réserves en eau vont également être modifiées géographiquement, avec une hausse globale des précipitations dans la moitié nord et une baisse dans la moitié sud.

L’ensemble de ces facteurs annoncent, toujours selon les experts, des périodes de stress hydrique. Or face aux pénuries annoncées, « il convient d’abord de maîtriser la demande par des pratiques de sobriété collective à construire », indique le rapport. Des moyens technologiques pourront accompagner cette sobriété, mais seuls, ils ne permettront pas de faire face.

Sobriété et solutions technologiques

Parmi ces solutions figurent le dessalement d’eau de mer, la recharge des nappes, l’augmentation des volumes stockés lors de périodes humides (avec des barrages, des « bassines »), la réutilisation des eaux usées ou encore la récupération des eaux pluviales.

L’Académie recommande donc de « prendre en compte les éléments du changement climatique pour évaluer la faisabilité et la durabilité de ces projets dans le actuel et le climat des prochaines décennies ». « Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise technologie, chacune a un domaine d’emploi, avec des impacts différents », résume le document.

L’ensemble des solutions évoquées « doivent disposer de garanties de fiabilité/sécurité/efficacité validées au niveau national », insistent les experts. Elles exigent aussi une adhésion collective, ajoutent-ils. Ce qui « implique une forte transparence auprès des populations », sur les données factuelles de la pénurie, les technologies proposées et les éventuels effets indésirables.

Réussir à préserver et à stocker l’eau va devenir un véritable défi à mesure que le réchauffement gagne du terrain, précise encore le rapport. En effet lorsque l’eau se réchauffe des bactéries peuvent plus facilement s’y développer. Elle s’appauvrit aussi en gaz nécessaires à son équilibre, comme le CO2, qui influence l’acidité et le développement des algues, ou encore l’oxygène, indispensable à la vie aquatique. C’est pour cela que chaque degré compte si l’on veut bénéficier d’une eau non contaminée.

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