Dans ce champ à Flers, la culture d’une plante d’Amérique du Nord testée 

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Le champ de silphie abica perfo, dans la zone sud de Flers (Orne). ©L’Orne combattante

Dans un champ au sud de Flers (Orne), il est possible d’apercevoir un panneau devant une culture : silphie abica perfo, est-il marqué sur cette affiche. Qu’est-ce donc ?

« La silphie abica perfo est une plante pérenne, c’est-à-dire qu’elle est destinée à être cultivée ici pendant une quinzaine d’années », explique Christophe Jeanne, responsable production végétale de la Sarl Lampérière Élevage Appro, qui s’occupe de cette culture.

Une plante pérenne

Originaire naturellement d’Amérique du Nord et multipliée en Allemagne, cette plante est de la famille des Astéracées, dont fait notamment partie le tournesol et a des fleurs de couleur jaune.

Elle a été introduite et développée dans l’Hexagone par Silphie France. La variété spéciale cultivée dans notre pays est la silphie abica perfo. 

« L’avantage est qu’elle peut venir remplacer d’autres cultures comme le maïs, dans l’objectif de faire du biogaz principalement », détaille Christophe Jeanne. « C’est encore en cours d’étude, mais elle pourrait aussi être utile pour les vaches laitières. »

Dans le cadre de la méthanisation, ces plantes sont destinées à être exploitées une fois par an, sans mettre de produit phytosanitaire.

Une culture entourée d’habitations

Elles peuvent donc être cultivées dans des zones à proximité d’habitations, comme c’est le cas à Flers, où cette culture est implantée dans une rue parallèle à la route de Domfront, dans une zone artisanale.

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Les silphies peuvent être plantées dans des hectares qui sont peu valorisés par les agriculteurs, car beaucoup de cultures ne sont pas possibles à proximité des habitations.

Christophe Jeanne

Cette parcelle de 5 hectares en question est dans une zone artisanale, donc entourée d’entreprises et d’habitations.

Une plante pérenne

C’est pour ces différentes raisons-là que les agriculteurs ont choisi cet endroit pour la culture de la silphie. 

Cette culture peut également se faire par souci de diversification.

C’est une plante pérenne, donc elle n’est pas soumise à des stress climatiques, car le système racinaire est déjà implanté. Ce n’est pas, par exemple, une culture de printemps qui peut manquer d’eau.

Christophe Jeanne

La silphie n’a pas besoin de beaucoup d’engrais. Ainsi, « elle coûte cher à être implantée, à peu près 550 euros le kilo de semences, mais une fois qu’elle l’est, elle ne demande pas beaucoup d’entretien ». Elle met trois ans à se reproduire, ce qui est rare pour une culture. 

Grande productrice de nectar

Comme avancé plus haut, la silphie est principalement cultivée pour le biogaz.

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes s’interrogent sur la culture de cette plante, dans un contexte de changement climatique, en raison de sa pérennité, « elle permet de sécuriser certains systèmes fourragers », sachant que le maïs pourrait se faire de plus en plus rare. 

C’est également une des plantes les plus mellifères (productrice de nectar) qui existent, car elle peut abriter 150 kg de nectar par hectare.

Tout au long de la tige, chaque naissance de feuille constitue un réservoir de nectar. C’est donc un gros avantage au niveau de la biodiversité.

Christophe Jeanne

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