Journée la « plus chaude jamais enregistrée » dans le monde : trois questions sur un record préoccupant
17,18 °C. Cette température ne vous paraît peut-être pas exceptionnelle, et pourtant elle l’est. Il s’agit de la moyenne enregistrée à l’échelle de la planète ce mardi 4 juillet par le Climate Prediction Center (organisme dépendant de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), une valeur jamais atteinte à n’importe quel moment de l’année depuis au moins 45 ans, ces mesures ayant débuté en 1979. Le précédent record était de « seulement » 16,92 °C, le 13 août 2016. « Breaking News ! » ont alerté plusieurs scientifiques sur les réseaux sociaux. On fait le point.
Comment est calculée cette température moyenne dans le monde ?
C’est une moyenne… de moyennes ! Il faut en effet d’abord récupérer les moyennes quotidiennes à des endroits précis — en divisant la somme des valeurs relevées par le nombre de mesures sur 24 heures. Puis calculer la moyenne de ces températures… moyennes, quitte à les pondérer d’un certain poids pour respecter un équilibre géographique.
À l’échelle mondiale, on voit que la température de l’air en surface est la plus basse en hiver, et elle augmente ensuite progressivement jusqu’à atteindre son pic en général fin juillet. Comment est-ce possible, alors que l’hémisphère sud est alors en plein hiver ? La courbe au niveau mondial est en fait « portée » par celle dans l’hémisphère nord, où l’amplitude des températures entre l’hiver et l’été (environ 12 °C) est beaucoup plus grande que dans la moitié sud du globe (5 °C).
Pourquoi atteint-elle cet été une valeur record ?
Du fait du réchauffement climatique, la température moyenne a tendance à grimper au fil des années à la surface des océans et des continents, et donc à l’échelle du globe. Par le passé, la barre de 17 °C avait été frôlée à deux reprises uniquement : fin juillet 2022 et mi-août 2016.
Cet été, plusieurs scientifiques — dont le physicien américain Robert Rohde — pointent aussi du doigt les premiers impacts du phénomène d’El Niño. Survenant tous les deux à sept ans, ce dernier entraîne un réchauffement des températures de l’eau à la surface dans le centre et l’Est de l’océan Pacifique, jusqu’aux côtes de l’Amérique latine. Parmi ses conséquences, l’une des plus visibles est de faire grimper le thermomètre au niveau de l’atmosphère.
Dans le détail, la valeur historiquement élevée au niveau mondial en ce début juillet s’explique par un « pic » dans l’hémisphère sud, et plus précisément dans l’Antarctique. Le thermomètre atteignait dans cette région -24,6 °C mardi 4 juillet, contre -29 °C en moyenne sur les années 1979 à 2000.
Doit-on s’attendre à ce que ce record soit battu ?
Oui, c’est très possible d’ici à la fin août. « Nous pourrions bien voir quelques jours encore plus chauds au cours des six prochaines semaines », a anticipé Robert Rohde. D’ailleurs, une valeur historiquement élevée avait déjà été atteinte lundi 3 juillet… avant d’être battue le lendemain.
Atteindre de nouveaux records paraît d’autant plus probable qu’El Niño devrait se prolonger sur la période juillet-septembre. Ceci « augmentera considérablement la probabilité de battre des records de température et de déclencher une chaleur plus extrême dans de nombreuses régions du monde et dans les océans », a prévenu Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale.
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