Ne laissons pas Haïti sombrer dans le chaos

Monsieur le Président,

Je remercie la représentante spéciale du Secrétaire général, le Président du Comité de sanctions et Mme Gilles pour leurs exposés. Je salue la présence parmi nous du Premier ministre de la Jamaïque, des Ministres des Affaires étrangères d’Haïti et de la République dominicaine et du représentant permanent de la Barbade.

La solidarité de la France va au peuple haïtien, lui qui souffre au quotidien. A Port-au-Prince, les gangs font régner la terreur, coupent les routes et restreignent l’accès aux services de base et à l’aide humanitaire. Homicides, enlèvements, violences sexuelles : la liste des exactions ne peut laisser personne indifférent et elles doivent être condamnées avec la plus grande fermeté.

C’est pourquoi la France exhorte la communauté internationale à se mobiliser de toute urgence. Elle se fait l’écho de l’appel lancé par le Secrétaire général lors de sa visite en Haïti. Elle soutient le déploiement d’une force en appui à la police nationale haïtienne, y compris via un engagement plus robuste des Nations Unies. Les Haïtiens appellent la communauté internationale à l’aide et, collectivement, nous devons être à la hauteur.

Il faut agir maintenant, au risque de constater, pour les générations à venir, les séquelles de la violence et du délitement social. Regardons les choses en face : sans sécurité, il n’y aura ni développement, ni Etat de droit, ni justice pour les victimes. Mais il n’y aura pas non plus d’apaisement durable en Haïti sans rétablissement des institutions.

La France continuera donc d’encourager un dialogue politique inclusif. Chacun doit dépasser ses intérêts personnels et faire preuve d’esprit de responsabilité. Nous saluons les efforts déployés pour élargir la participation à l’accord de consensus national. L’objectif demeure l’organisation d’élections démocratiques lorsque les conditions sécuritaires seront réunies. La France encourage les acteurs politiques haïtiens à s’accorder sur la nomination d’un Conseil électoral provisoire inclusif afin d’avancer vers cet objectif.

Deux ans presque jour pour jour après l’assassinat du président Jovenel Moïse, il est impératif de renforcer la lutte contre l’impunité. Reconstruire une justice efficace est une priorité si nous souhaitons durablement mettre un terme à la violence. Ce Conseil, de son côté, doit rapidement adopter de nouvelles sanctions contre les criminels qui brutalisent la population haïtienne.

Enfin, la France restera engagée pour faciliter l’aide humanitaire, en particulier sur les plans sanitaire et alimentaire. Nous ne pouvons nous résoudre à cet engrenage alors qu’un Haïtien sur deux ne mange pas à sa faim.

Les pays de la région peuvent jouer un rôle déterminant et nous saluons l’engagement du CARICOM en faveur d’Haïti, ainsi que les actions de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Monsieur le Président,

Il est grand temps d’agir et chacun doit se mobiliser. Le renouvellement du mandat est une occasion de marquer notre détermination : la France soutient un renforcement du BINUH, en particulier sur le plan sécuritaire et de la justice. Ne laissons pas Haïti sombrer dans le chaos ; n’oublions pas le peuple haïtien.

Je vous remercie./.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.