« Des signaux positifs » pour l’accord de libre-échange avec le Mercosur, selon Guy Parmelin – rts.ch

Quatre années se sont écoulées depuis l’annonce de l’accord de libre-échange entre la Suisse et les Etats du Mercosur, le marché commun sud-américain. Actuellement au Brésil, le conseiller fédéral Guy Parmelin fait le point sur l’avancée du dossier, qui a pris beaucoup de retard.

En avril 2022, on apprenait que le dossier était au point mort. Annoncé en août 2019, l’accord de libre-échange devait permettre des baisses de taxes pour les échanges avec l’Uruguay, le Paraguay, mais surtout l’Argentine et le Brésil.

Si la pandémie de Covid-19 a considérablement ralenti l’avancée de cet accord, cela n’est pas l’unique raison, a expliqué Guy Parmelin vendredi dans l’émission Forum de la RTS. « Le changement de gouvernement en Argentine mais aussi des aspects liés à la protection de l’environnement avec des exigences strictes de l’UE ont ralenti le processus. »

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Aller de l’avant

Le ministre de l’Economie, qui se trouve actuellement à Rio dans le cadre de ce dossier, dit toutefois observer « des signaux positifs ». « Les négociateurs pourront se rencontrer prochainement pour aller de l’avant », se félicite-t-il. En ce qui concerne le scepticisme de la part du monde paysan et des ONG environnementales, Guy Parmelin rétorque ne « jamais signer un accord de libre-échange contre une branche ». Et le Vaudois d’ajouter: « Le Brésil veut investir essentiellement dans des secteurs durables, que ce soit au niveau de la gestion de l’eau ou dans les transports publics. »

Les négociateurs pourront se rencontrer prochainement pour aller de l’avant

Guy Parmelin

En ce qui concerne le départ de Jair Bolsonaro, connu pour être ouvertement climatosceptique, de la tête du gouvernement brésilien, Guy Parmelin dit sentir « un changement d’atmosphère ». Il donne notamment l’exemple du président Lula qui a fait la promesse de stopper la déforestation en Amazonie lors de la COP27.

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Du gagnant-gagnant

« Du côté européen, nous pouvons participer aux mesures en faveur de l’environnement en amenant notre expertise. Le Brésil a besoin des technologies développées en Occident. Si nous restons à l’écart, tout le monde sera perdant », explique le conseiller fédéral.

Les aspects de durabilité et l’intérêt des populations sur place doivent également être prises en compte

Guy Parmelin devant la presse à Berne. [Anthony Anex - Keystone]

Guy Parmelin

Si, après la pandémie, les accords de libre-échange ont parfois été remis en question, Guy Parmelin estime qu’ils gardent aujourd’hui toute leur pertinence. « En particulier pour un petit pays comme la Suisse avec ses 8,5 millions d’habitants. Mais naturellement cela doit toujours être du gagnant-gagnant. Les aspects de durabilité et l’intérêt des populations sur place doivent également être prises en compte ».

>> Voir le débat de Forum entre Isolda Agazzi, responsable du commerce international d’Alliance Sud, Francis Egger, vice-directeur de l’Union suisse des paysans, et Jan Atteslander, membre de la direction d’Economiesuisse, responsable des relations économiques internationales:

Le grand débat - Faut-il faciliter les échanges commerciaux entre la Suisse et l'Amérique du Sud? [RTS]
Le grand débat – Faut-il faciliter les échanges commerciaux entre la Suisse et l’Amérique du Sud? / Forum / 19 min. / aujourd’hui à 20:05

Propos recueillis par Renaud Malik/hkr

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