Le train est-il moins cher en France que chez nos voisins européens ?

Alors que les Français se préparent à partir pour les vacances d’été, que le ferroviaire s’ouvre un peu plus à la concurrence avec l’espagnol Renfe, et que le niveau de fréquentation des lignes s’annonce à nouveau record, le prix des billets de train soulève une fois de plus des critiques.

Interrogé à ce sujet sur France Info jeudi, le ministre des Transports, Clément Beaune, a affirmé que les trains étaient en moyenne moins cher en France que dans les pays voisins. Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, a de son côté indiqué vendredi sur France Inter qu’il était « vraiment possible de trouver des billets à prix modéré ». Si de nombreux Français pâlissent en achetant leurs billets sur SNCF Connect, c’est pourtant vrai, selon les données de l’Autorité de régulation des transports (ART) pour 2021.

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Pour 100 kilomètres, selon l’ART, la SNCF a ainsi touché en moyenne 8 euros hors taxe par passager en 2021, réductions incluses, pour les trajets en trains conventionnés par l’État ou les régions, soit les TER, les Intercités et les Transiliens. Ce tarif est similaire à celui pratiqué en Belgique. En Allemagne, ces billets reviennent en moyenne à 11,26 euros pour 100 kilomètres, et plus de 16 euros aux Pays-Bas.

Seuls les trains espagnols et italiens coûtent moins cher dans ce cas de figure que les trains français.

Un avantage qui s’explique par le fort taux de subvention dont bénéficient ces lignes en France : hors TGV, le ferroviaire obtient 75 % de subventions, contre moins de 70 % dans le reste des pays européens.

Pour les trains librement organisés, c’est-à-dire les TGV inOui, Ouigo, Lyria, Eurostar et Thalys en France, l’affirmation reste exacte. Le ferroviaire français pratique même les prix les plus bas, juste après l’Espagne. Mais dans le détail, ce sont les billets Ouigo, dont le service et le confort sont de moins bonne qualité, qui font baisser la moyenne des prix français. Selon le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, ils représentent une place sur quatre dans les TGV.

Hors Ouigo, le prix hors taxes en 2019 d’un voyage en TGV était ainsi plutôt aux alentours de 10,80 euros, et de 16,40 euros hors taxes pour les TGV internationaux.

Enfin, si on veut évaluer le prix d’un billet de train en fonction du pouvoir d’achat, l’affirmation tient toujours. En divisant le prix moyen d’un billet de train par le salaire médian de chacun des pays et en multipliant le résultat par 100, on obtient un ratio, qui donne le poids représenté par le prix d’un billet sur le budget médian dans le pays concerné. Le ratio français est respectivement de 0,4 (pour les trains conventionnés) et de 0,49 (pour les trains librement organisés), ce qui en fait l’un des plus bas.

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Seuls les Belges bénéficient d’un meilleur rapport entre leur salaire médian et le prix d’un billet de train, avec 0,35.

Mais cet avantage belge ne vaut en Belgique que pour les trains conventionnés. Pour les trains librement organisés, le pouvoir d’achat des Belges s’effondre, avec un ratio de 1,06. L’Italie et la France conservent les meilleurs positionnements.

Encore faut-il, pour profiter de cet avantage, savoir « jouer avec des instruments commerciaux », a reconnu Jean-Pierre Farandou. Le PDG de la SNCF recommande donc aux voyageurs à petit budget de réserver leurs trajets longtemps à l’avance, de privilégier les Ouigo, et de se doter d’une carte de réduction, comme la Carte Avantage, adoptée par 4,5 millions de Français cette année.

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