Norbert Morel : « L’Etat haïtien n’est plus en mesure de contrôler le pays »

 « Nous ne pouvons pas oublier le peuple haïtien. Le monde doit se mobiliser ». Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est prononcé jeudi passé sur la vague de violences qui sévit actuellement. Autre évènement spécial pour le pays : le 7 juillet marquait le deuxième anniversaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Depuis juillet 2022, la situation ne cesse de se détériorer pour cet état de la mer des Caraïbes. Snipers sur les toits, enlèvements, écoles prises pour cibles et viols. Des bandes sévèrement armées font régner un climat de terreur sur le territoire haïtien, en particulier à Port-au-Prince, la capitale. Nous avons rencontré le fondateur et responsable exécutif de Suisse-Santé-Haïti, sur place depuis 18 ans. Norbert Morel déplore la situation humanitaire actuelle : « Les gangs deviennent de plus en plus forts, plus puissants, de mieux en mieux armés et la police ne peut presque pas faire grand-chose pour les arrêter ».

Suisse-Santé-Haïti, avec son siège à Bienne, est active dans le pays depuis plus de 30 ans. Avec ses deux centres de santé, sa maternité et sa clinique, l’association fournit une aide de première nécessité à une population d’environ 50’000 personnes de la vallée de l’Artibonite.

En février passé, les violences quotidiennes ont nécessité la fermeture temporaire des centres de santé : la sécurité des employés était menacée. Ce n’est qu’à la mi-avril que celui Valheureux a pu rouvrir.

Un pays habitué aux catastrophes

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,0 à 7,34 sur l’échelle de Richter est survenu. Un évènement qui avait fait plus de 280’000 victimes. De nombreuses personnes s’étaient mobilisées à l’international : aide matérielle, humanitaire et financières, le pays avait reçu du soutien de toute part. Mais comme pour toute catastrophe, la solidarité et la présence médiatique a diminué au fil des semaines, mois et années. Pour Norbert Morel, il est de plus en plus difficile de récolter des dons pour Haïti.

Jeudi dernier, le secrétaire général des Nations Unies a demandé aux membres du Conseil de sécurité et à tous les pays contributeurs potentiels concernés « à agir maintenant pour créer les conditions du déploiement d’une force multinationale pour aider la Police nationale d’Haïti ». Antonio Guterres souhaiterait ainsi démanteler les gangs et rétablir la sécurité dans tout le pays. /ehe


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