“L’Otan a été créée pour faire obstacle aux chars et missiles russes en Europe. À présent, elle sert aussi d’instrument de dissuasion face aux ambitions mondiales de la Chine, écrit The Wall Street Journal. Certains membres s’inquiètent d’une dérive, tandis que Pékin l’accuse de chercher l’affrontement.”
Les alliés, qui se réuniront les 11 et 12 juillet à Vilnius, ont pour la première fois fait référence au “défi” chinois dans la version révisée de leur “concept stratégique” adoptée à Madrid en 2022, rappelle le quotidien.
L’Otan a aussi cherché à “nouer des liens plus étroits avec les pays partageant ses inquiétudes au sujet de la Chine”. Ainsi, “en octobre dernier, une douzaine de responsables militaires de l’Alliance se sont rendus à Taïwan” pour évoquer la menace chinoise. Des dirigeants de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud et du Japon prendront part au sommet en Lituanie, comme ils l’ont fait l’an dernier à Madrid.
La France, opposante la plus affirmée
Une évolution qui ne va pas de soi pour l’organisation nord-atlantique. Et qui suscite quelques remous. Parmi les alliés, “le président français, Emmanuel Macron, a manifesté le plus ouvertement sa réticence à voir l’Otan jouer un rôle actif en Asie”, explique le journal américain. La France s’est ainsi prononcée contre l’ouverture d’un bureau de liaison de l’Otan à Tokyo, qui “reste en suspens”.
De leur côté, “les dirigeants de l’Otan jugent que les manœuvres de Pékin pour affirmer son emprise sur la mer de Chine méridionale, où transitent d’énormes flux de marchandises, son arsenal nucléaire et ses cybercapacités croissantes ont de quoi inquiéter aussi bien l’Europe et l’Amérique du Nord que l’Asie”.
Un argumentaire que partage un spécialiste japonais des relations internationales, Yoko Iwama :
“Nous ne demandons pas aux soldats français de combattre dans le détroit de Taïwan, mais ils ont des intérêts nationaux en jeu là-bas.”
Le secrétaire général de l’alliance, Jens Stoltenberg, se veut rassurant : “L’Otan est et restera une alliance régionale entre l’Amérique du Nord et l’Europe, déclare-t-il au Wall Street Journal. Mais cette région est confrontée à des menaces mondiales, et nous devons y faire face ensemble avec nos partenaires mondiaux.”
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