Monsieur le Président,
Je remercie la Représentante spéciale du Secrétaire général, Mme Patten, ainsi que nos intervenantes, pour leur engagement sans faille sur le terrain. Je voudrais également remercier le Royaume-Uni pour son leadership et son engagement sur ce sujet important qu’illustre l’organisation de ce débat aujourd’hui. Je salue tous les Etats engagés pour mettre fin aux violences sexuelles et agissent en faveur de l’agenda « Femmes, paix et sécurité ».
J’insisterai sur cinq points :
Tout d’abord, je redis notre plein soutien au mandat de la Représentante spéciale.
Madame, votre rôle d’alerte et de documentation impartiale est essentiel. La dignité humaine et l’intérêt des femmes et des filles doivent toujours primer : nous continuerons de nous assurer de la prise en compte des violences sexuelles liées aux conflits dans le suivi des crises par ce Conseil.
Nous partageons les préoccupations exprimées dans le dernier rapport annuel du Secrétaire général sur les violences sexuelles en temps de conflit. En 2023 encore, la guerre d’agression que mène la Russie contre l’Ukraine donne lieu à des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre et de torture contre des femmes, des hommes et des enfants. Le rapport documente aussi les exactions commises en République démocratique du Congo, au Soudan, en Birmanie et dans de nombreuses parties du monde. Nous avons entendu tout à l’heure la situation à Haïti dans ce cadre. La France condamne ces violences et exprime sa solidarité avec les victimes.
Deuxièmement, nous devons collectivement lutter contre l’impunité
Face à ces violences, nous devons suivre une politique de tolérance zéro. Les auteurs de ces exactions doivent rendre des comptes. Le travail de documentation par les Nations unies et d’enquête des juridictions nationales et internationale sont à cet égard indispensables. Nous appuyons la stratégie élaborée par la Cour pénale international sur ce sujet et appuyons cette juridiction avec des moyens humains et financiers. Le rapport du Secrétaire général mentionne le rôle essentiel du déploiement de spécialistes pour protéger les victimes, analyser et enquêter sur les violences sexuelles en temps de conflit. Nous soutenons la prise en compte de ces préoccupations dans toutes les opérations de paix.
Ce Conseil doit aussi mettre en œuvre tous les outils à sa disposition et en particulier les sanctions contre les auteurs de violences sexuelles. Elles représentent une mesure de dissuasion qui doit être utilisée. Nous soutenons votre rôle, Madame la Représentante spéciale, devant les comités de sanctions.
Troisièmement, nous nous tenons aux côtés des victimes et des survivantes de violences sexuelles
La prise en charge doit être globale et les survivants et survivantes doivent pouvoir y accéder, y compris lorsque les procédures judiciaires sont inaccessibles ou bloquées. C’est pourquoi la France finance le Fonds mondial pour les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits créés par le Dr. Denis Mukwege et Nadia Murad, à hauteur de 8,2 millions d’euros.
Quatrièmement, pour prévenir les violences sexuelles et leurs conséquences, nous devons renforcer la participation des femmes et lutter contre les inégalités de genre et les préjugés ainsi que les stéréotypes sexistes
Les conséquences physiques et psychologiques de ces violences affectent les sociétés impactées et peuvent marquer plusieurs générations.
La participation pleine, entière et significative des femmes à toutes les prises de décisions, à la table des négociations de paix et dans tous les domaines, est essentielle pour prendre en compte de manière satisfaisante la justice et la réparation dues aux victimes de violences sexuelles, nécessaires pour mener à bien la réconciliation. Ce Conseil l’a bien identifié avec son Agenda Femmes, paix et sécurité, qui doit être mis en œuvre. Nous devons ensemble renforcer nos efforts sur ce sujet en vue du Sommet de l’Avenir en 2024.
La prévention des violences sexuelles implique aussi de s’attaquer aux discriminations, préjugés et stéréotypes. La montée de discours de haine sexistes, misogynes ou homophobes renforce les risques de violences sexistes et sexuelles.
Enfin, nous devons adopter les normes les plus protectrices en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.
Nous plaidons pour l’universalisation de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, instrument international moderne et protecteur contre les violences faites aux femmes, qui s’applique aussi en temps de conflit armé. Nous nous félicitons que les nouvelles adhésions se soient multipliées depuis 2 ans.
Madame la Représentante spéciale, chère Naw Hser Hser, chère Nadine, nous avons avons entendues.
Soyez assurés que la lutte contre les violences sexuelles restera au cœur des priorités portées par la France au sein de ce Conseil. Elle veillera à la mise en œuvre des résolutions « Femmes,
paix et sécurité » et la mise à disposition de ressources adéquates nécessaires pour les équipes sur le terrain.
Je vous remercie./.
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