Les Mets de Boulogne-Levallois en danger : « Je n’imagine pas qu’on puisse rayer le club de la carte »
Il était resté silencieux. Depuis la fin de la saison des Metropolitans – terminée le 15 juin par une finale perdue face à Monaco dans l’écrin du central de Roland-Garros -, Alain Weisz refusait de s’exprimer sur la situation de son – désormais – ancien club. L’ex-directeur des opérations sportives était reparti sur la Côte, dans son Sud natal, pour y entamer sa nouvelle vie de retraité. Un départ à la retraite programmé de longue date – et sans aucun lien avec l’actualité des Mets – pour l’ancien sélectionneur des Bleus qui a fêté ses 70 ans fin mai.
Mais les déclarations, la semaine dernière au Parisien, de Luc Monnet sur la possible fin de l’aventure des Mets l’ont incité à réagir. Malgré le feu vert de la DNCCG – le gendarme financier du basket français avait validé le budget prévisionnel de 6 millions d’euros du club -, le président du conseil d’administration de la société Boulogne-Billancourt Sport Développement (BBSD) – propriétaire des Metropolitans 92 – nous avait expliqué que sans l’arrivée d’un investisseur les Mets risquaient de disparaître. « Aujourd’hui, on a du mal à boucler ce budget de 6 millions d’euros. On est à 4 millions d’euros ou 4,5 millions d’euros, mais il nous manque 2 millions d’euros pour repartir », confiait Luc Monnet. Des propos qui ont donc poussé Alain Weisz à prendre la parole.
« Si je comprends bien le club a un budget de 4 millions ou 4,5 millions d’euros, avec un tel budget on peut repartir en Betclic Élite, estime Weisz. Il me semble aussi que Pierre-Christophe Baguet (maire de Boulogne-Billancourt qu’il connaît depuis plus de 40 ans) a toujours annoncé que le club repartirait, avec ou sans investisseur. Ce qu’il se passe est incompréhensible. Quand je suis arrivé (en 2018) l’ambition était de construire un palais des sports à Boulogne et de jouer l’Euroligue (C1)… »
Deux objectifs qui semblent aujourd’hui bien loin, sans doute abandonnés. Face à la grogne des riverains, l’Aréna, prévue sur l’île Seguin puis dans le quartier du Trapèze, est restée à l’état de projet, et les Mets se sont vus refuser en juin, malgré une 2e place de championnat et la finale, une invitation pour l’Eurocoupe (C2).
« Le club peut aussi décider de repartir en Pro B »
Alors que la plupart des autres clubs de Betclic Élite ont déjà bien entamé leur recrutement estival, celui des Metropolitans reste désespérément inactif. Un mois après la finale perdue, le club ressemble à une coquille vide, sans staff technique — comme prévu Vincent Collet a rejoint l’équipe de France pour préparer les Jeux olympiques de Paris — et avec un seul joueur sous contrat (Lahaou Konaté). Les salariés n’ont aucune nouvelle sur leur avenir et la situation du club.
« Il y a une dizaine de jours j’ai proposé à Pierre-Christophe Baguet de « restaffer » le club pour qu’il puisse continuer, je n’ai pas eu de réponse, poursuit Weisz. Avec 4,5 millions d’euros des clubs comme Le Portel ou Blois parviennent à faire des exploits en Betclic Élite. C’est aussi une fierté de se maintenir. Il n’y a pas que jouer la première place qui compte. Avoir Victor Wembanyama, Bilal Coulibaly ou Vincent Collet dans son équipe c’est magnifique mais on sait que ça ne peut pas durer. La loi c’est durer. Le club peut aussi décider de repartir en Pro B. La vie d’un club est faite de hauts et de bas, diriger c’est aussi accepter ces moments. Je n’imagine pas qu’on puisse rayer de la carte du basket français un club historique. Cela ne s’est jamais vu, surtout pour convenances personnelles. Ce serait une honte. Un club c’est précieux. »
Nés de la volonté politique des maires de Levallois – Patrick Balkany qui « a soutenu le club pendant 35 ans », précise Weisz – et de Boulogne-Billancourt d’unir leurs forces pour créer un grand club français en 2018, les Metropolitans sont en effet les lointains héritiers, via les droits sportifs, du PSG Racing, champion de France en 1997, et du Paris-Levallois, vainqueur de la Coupe de France en 2013. Un monument du basket français. Depuis la mairie de Levallois, lassée des tensions internes de ce club bicéphale, a décidé de se retirer et de laisser son voisin seul aux commandes. Sollicitée, la mairie de Boulogne n’a pas répondu à nos demandes.
« Je suis atterré de voir un tel gâchis si gâchis il y a, ça me fait mal, souffle Alain Weisz qui n’a plus de contact avec Pierre-Christophe Baguet, son ami de plus de 40 ans. Les conséquences d’une telle décision seraient gigantesques. Il y a des enfants qui viennent tous les week-ends voir un spectacle. Je pense aussi aux salariés, aux jeunes du club, à qui on ne dit rien. Ce n’est pas normal. » Cette prise de parole risque de faire réagir du côté du château, l’autre nom de la mairie de Boulogne.
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