Festival d’Avignon. Ariane Ascaride : « Je ne fais pas de divertissement, pas de cinéma familial »

Pourquoi avez-vous dit oui à Camille Japy ?

« C’est le scénario. Je l’ai lu et je l’ai trouvé très étonnant, très différent et traitant d’un sujet que l’on ne traite jamais, ou rarement : le deuil. Elle l’aborde avec une certaine fantaisie. C’est un scénario qui parle de la mort en célébrant la vie. »

Comment s’est passé le travail avec la réalisatrice et l’équipe ?

« J’ai eu énormément de plaisir à travailler avec Camille, avec Bérénice [Bejo]. On a fait ce tournage en vingt-sept jours seulement. Camille étant quelqu’un de très généreux, il y avait une belle ambiance qui faisait que l’on avait vraiment envie de faire ce film tous ensemble. »

On va vous voir sur scène dans le Off d’Avignon. Quelle place le théâtre occupe dans votre carrière ?

« Il est fondamental pour moi. C’est pour ça que je viens cet été à La Scala pour jouer des choses qui m’importent, malgré la fatigue et l’épuisement que cela va provoquer. Je suis constituée par le théâtre. C’est la première chose avec laquelle j’ai commencé et j’imagine que c’est la dernière chose avec laquelle je finirai. »

Il paraît que vous n’aimiez guère la foule du Festival…

« Je déteste ! Donc je vis comme une nonne pendant le Festival. Mais je ne dis pas que ce n’est pas bien. Au contraire, c’est super qu’il y ait des gens qui viennent voir du théâtre toute la journée. On a énormément de chance ! Merci à Jean Vilar. Je ne cesserai jamais de dire mon amour et mon admiration pour lui, qui a créé ce Festival-là. »

Vous ferez une lecture de sa correspondance à  la Maison Jean Vilar. C’est important pour vous ?

« Oui. Je me revendique vilardienne. En tout cas la conception de la pratique de ce métier telle que l’a définie Jean Vilar, dont je relis les carnets assez régulièrement, sera pour moi une source d’inspiration pour toujours et devrait être une source d’inspiration pour tout le monde. »

« Je m’en moque de jouer dans le In ou dans le Off »

In ou Off ?

« Ma préoccupation est de venir jouer des choses qui me semblent nécessaires à moi et de faire cette rencontre avec le public. Aujourd’hui, à l’étape où j’en suis de ma carrière, je m’en moque de jouer dans le In ou dans le Off. Ce qui m’importe, c’est ce que je raconte. »

Idem au cinéma ?

« Oui. Je ne ferai jamais un film qui raconte des choses qui n’ont pas d’importance pour moi, parce que je pense que l’art a une importance fondamentale. Je ne fais pas de divertissement, pas de cinéma familial. »

Des rôles vous attirent-ils plus que d’autres ?

« Toute ma vie, j’ai toujours choisi les rôles que je voulais faire, même quand j’avais du mal à travailler. C’était mon seul luxe. Aujourd’hui, les actrices françaises ont la possibilité d’avoir beaucoup de rôles et même sur un temps défini en tant que femme, sur leur âge, qui est beaucoup plus long qu’avant. J’espère jouer le plus longtemps possible et pas jouer n’importe quoi. Les rôles qui m’attirent sont les personnages féminins qui ont des choses à défendre. Physiquement, je ne correspondais pas aux rôles de femmes potiches. C’était vexant et en même temps, c’était un avantage ! »

Votre rôle dans Sous le tapis est assez dur…

« Moi j’aime bien ! Elle est folle. Elle est borderline. C’est un personnage qui est sur un fil. Elle ne programme rien. Elle ne peut pas. Elle ne fait que réagir par rapport à la situation présente. Il lui faut du temps pour accepter cette chose-là [le décès brutal de son mari]. On comprend au fur et à mesure pourquoi ce déni si fort par rapport à la mort.

Vos projets sont-ils à la scène ou à l’écran ?

« Les deux mon capitaine ! »

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