Il n’est pas question d’affirmer ici que Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar font ce Tour de force à l’eau claire. Ni que c’est parce qu’ils ont renoué avec les sales habitudes de leurs prédécesseurs que le Danois et le Slovène assomment la course, leurs adversaires, et réduisent les ascensions les plus dures à quelques aimables faux plats de la vallée de Chevreuse. On n’en sait rien, et d’ailleurs à part eux, personne n’en sait rien.
N’empêche, même sans preuve, les affirmations pleuvent et reviennent, comme chaque mois de juillet, peupler les débats de comptoir et les soirées barbecue. Parce que tout le monde sait bien qu’il est impossible de boucler un Tour de France sans dopage. Parce que, bien sûr, si Pogacar ou Vingegaard, ou avant eux Froome, grimpent les cols plus vite qu’Armstrong et Pantani, c’est grâce aux produits. Certains n’hésitant pas à faire commerce de ces accusations gratuites et parfois fantaisistes.
Le peloton du Tour est habitué. Et les cyclistes pros, même les plus propres (il y en a, et pas seulement les Français), ont appris à vivre avec le soupçon. Ils ne s’en plaignent pas, savent devoir payer pour les errances des aînés, la triche organisée de fossoyeurs professionnels qui pour certains sont aujourd’hui patrons d’équipe (comme Mauro Gianetti, qui couve aujourd’hui Pogacar) et sont peu crédibles à l’heure de clamer l’innocence de leurs coureurs. Ça pourrait encore durer quelques années…
Pourtant, il y a une forme d’injustice à sans cesse taper sur le vélo. Dans le même temps, Rafael Nadal se permet toutes les injections possibles pour remporter Roland-Garros avec la bénédiction des autorités du tennis et de suiveurs (dont les journalistes) beaucoup moins regardants que leurs « amis » de la pédale. Pendant ce temps-là, au rugby ou en athlé, on prépare les échéances loin des projecteurs et des testeurs. Et au football, on n’oserait jamais contrôler les joueurs comme le sont les cyclistes du peloton, très tard le soir ou très tôt le matin. Les stars crieraient au scandale.
Comme certains, Aimé Jacquet en tête, s’étaient insurgés qu’on vienne déranger les Bleus, alors en stage en famille à Tignes pour préparer une Coupe du monde à la maison, pour des contrôles inopinés. C’était en janvier 1998. Quelques mois avant l’affaire Festina qui, si elle n’a peut-être pas éradiqué complètement le dopage dans le peloton, a sans doute sauvé la discipline. Une leçon pour les autres sports…
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