Lundi 12 décembre, le ministre délégué aux outremers Jean-François Carenco se déplaçait en Guyane pour 6 jours de visite. Il s’est notamment rendu à Saül petite commune en plein cœur de la forêt amazonienne. Face aux élus, il a plaidé pour un nouveau « en même temps », conciliant sauvegarde et développement de la forêt, et a annoncé la mise en place d’une task force pour la valorisation, la préservation et le développement de la forêt guyanaise au premier semestre 2023. Comment exploiter durablement la forêt amazonienne ?
La Guyane au défi de l’urbanisation
Aujourd’hui, deux Guyanes se font face. Une Guyane des littoraux, urbanisée, qui concentre 90 % d’une population en forte augmentation dont 60 % a moins de 25 ans. Cette Guyane est reliée à une autre Guyane davantage tournée vers la forêt par une « dorsale », explique Valérie Morel.
Cette dorsale se manifeste par deux grandes routes joignant Cayenne à Saint-Laurent-de-Maroni au nord-est, Cayenne à Saint-Georges-de-l’Oyapock au sud-ouest. Autour de cette dorsale s’imposent de nouvelles formes d’urbanisme, afin de répondre aux besoins d’une population « légale » de 190 000 habitants et d’une population « illégale » de 160 000 à 210 000 habitants, qui vivent dans des conditions précaires, comme dans des bidonvilles.
Cette nécessaire urbanisation ne peut s’opérer que par « une consommation de l’espace naturel », selon l’experte, en raison de la forte demande de terres conjuguées à la pénurie d’espaces fonciers disponibles.
La Guyane et sa forêt
La commune de Saül située à 180 km au sud de Cayenne, accessible uniquement par voie aérienne (45 min de vol) qui compte environ 80 habitants à l’année, illustre une Guyane tournée vers la forêt, qui aspire à une « osmose » avec elle. La commune met en avant la diversité de son territoire forestier symbolisée par l’arbre fromager, pratique l’écotourisme, tourne le dos à l’orpaillage minier, qui provoque le déboisement et la pollution des sols par le mercure.
La forêt joue un grand rôle en tant que puits de carbone. Sa gestion durable doit se manifester par des actions concrètes, comme une coupe plus responsable, ou une intégration des autochtones, notamment en matière de pharmacopée (la connaissance des propriétés des plantes) amazonienne, qui intéresse les industries pharmaceutiques et cosmétiques.
Pour associer le défi du logement et de la bonne gestion de la forêt en Guyane, il faut de toute façon « accepter une forme de consommation de la forêt pour pouvoir la protéger par ailleurs », conclut Valérie Morel.
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