En ayant acquis en 2017 le groupe John Taylor – anciennement présidé par Delphine Pastor – et spécialisé dans l’immobilier très haut de gamme, la maison Artcurial s’est ouverte à un marché particulièrement porteur. Ajoutant des demeures de prestige à leur liste de biens d’exceptions (bijoux, œuvres d’art, horlogerie) proposée à leur clientèle. Et forcément la Riviera compte parmi les terrains de jeux favoris de ces chasseurs d’immobilier.
« De manière générale dans les résultats de John Taylor, nous observons que les endroits de plaisir où l’on trouve la mer, la montagne résistent mieux. Tout ce qui est urbain souffre plus », confirme Nicolas Orlowski, P.-D.G. du groupe Artcurial.
En résumé, l’opportunité pour un vendeur de faire une belle opération semble plus forte au regard des premiers mois d’activité de 2023 dans un lieu de villégiature, plutôt qu’à Paris où les grands appartements de luxe sont plus compliqués à vendre.
« Le marché monégasque, lui, est particulier. Le secteur du locatif affiche une stabilité déconcertante. Du côté de la vente, dès qu’il y a de nouveaux entrants, cela stabilise le marché car les nouveaux résidents cherchent à acheter pour se loger », confirme Nicolas Orlowski qui ne perd jamais une occasion de rappeler le lien historique entre les sociétés qu’il dirige et la Principauté.
Le « prêt à loger » recherché
Dans ces fluctuations du marché sur la Riviera, « nous observons que les clients ont un caractère de plus grande urgence. Quand ils font l’acquisition d’un bien, ils ne veulent pas attendre avant d’y aménager. Les biens prêts à loger se vendent beaucoup mieux que ceux avec des travaux. Les permis de construire, le coût d’un chantier, les questions administratives créent une zone d’incertitude. À une époque, les gens étaient contents de lancer des travaux, d’adapter un lieu à leur goût. Aujourd’hui, nous observons une prime très forte au plaisir immédiat d’une maison déjà meublée, notamment de la part d’étrangers qui nous en font la demande. Et heureusement, des intermédiaires sentant ces tendances sur la Côte d’Azur ont fait ce travail pour aménager des appartements et des maisons prêts à habiter. Ils ont eu raison et ils en ont aujourd’hui le bénéfice. »
En Principauté, « les nouveaux résidents cherchent à acheter pour se loger », affirme Nicolas Orlowski.Photo Cyril Dodergny.
Pays de l’Est et Américains
Côté clientèle internationale, la French Riviera n’a pas perdu en attractivité. « La clientèle russe pour partie a disparu, mais des acheteurs des pays de l’Est sont encore présents », détaille le patron d’Artcurial précisant que sa maison travaille avec les autorités Tracfin en France et Siccfin en Principauté pour contrôler les flux financiers utilisés pour ces investissements immobiliers.
« La clientèle russe qui a disparu a été remplacée par beaucoup d’Américains depuis une grosse année. » Trois ou quatre grosses demeures entre Monaco et Nice ont été acquises par des citoyens des États-Unis. « Ce qu’ils privilégient à chaque fois, c’est l’art de vivre, la sécurité, l’aéroport de Nice, ajoute Nicolas Orlowski. Les émeutes connues en France ces derniers jours ont en revanche généré quelques décalages dans des transactions, mais ces événements momentanés semblent presque derrière nous. »
Le regain du Var
Si Monaco et les Alpes-Maritimes ne semblent pas avoir connu de baisse d’intérêts de la part d’acheteurs fortunés, le département voisin du Var, dans sa globalité, a lui gagné quelques galons dans l’ultra luxe. « Saint-Tropez a traversé une période difficile pendant quelques années. Aujourd’hui le secteur a gagné en qualité de prestations, avec un certain professionnalisme qui, à une époque, était irrégulier. C’était une problématique que les étrangers entendaient beaucoup. Entre ce que ça vous coûte, et la prestation en face, aujourd’hui c’est mieux », décrypte Nicolas Orlowski.
« Les investissements d’un groupe comme LVMH à Saint-Tropez dans des boutiques, des hôtels et des restaurants portent leurs fruits. Et là où des étrangers d’un très haut niveau financier préféraient basculer vers la Côte d’Azur et Monaco, le marché s’est équilibré dans tout ce Sud. Nous venons par exemple de conclure la plus grosse transaction immobilière jamais enregistrée dans la commune de Saint-Raphaël en vendant une jolie maison, très proche de l’eau, entièrement refaite pour 26 millions d’euros. »
Une somme tout à fait exceptionnelle pour le secteur. « Normalement dans cette zone, le marché est celui du luxe, pas de l’hyper luxe, où les transactions sont entre 5 et 7 millions mais nous avons des clients qui n’hésitent pas à choisir ces endroits qui demeurent à proximité de Saint-Tropez, Cannes ou Monaco. »
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