Douze activités pour des vacances réussies pour les jeunes en Haïti


De nombreuses familles, et un grand nombre de jeunes ne pourront pas tous  voyager dans d’autres pays. Ils doivent également se rappeler que la République d’Haïti ne se limite pas à la seule capitale Port-au-Prince.  Ensuite, ils doivent tous se mettre en tête que tout le monde ne pourra pas laisser le pays définitivement. Ce qui obligera les plus réalistes qui resteront à résister, et à se préparer par tous les moyens disponibles, pour exister et réaliser à tout prix leurs rêves. 

Dans un pays comme Haïti, où les droits à la culture et aux loisirs ne figurent pas toujours dans l’agenda de la collectivité, seuls les parents avisés, dont certains disposent des moyens, peuvent profiter de quelques  environnements accessibles,  pour déplacer,  pour se recréer et pour s’offrir des vacances de qualité à titre personnel et en compagnie de leurs enfants ou d’autres proches. 

Des sorties et des voyages ne sont plus au rendez-vous dans la situation actuelle que connaît le pays, sur le plan sécuritaire et avec la régression de la vie nocturne. Des activités comme les championnats sportifs et les jeux traditionnels ou de société, en dehors des bals, festivals, concours de miss, seront toujours les bienvenus tout en sachant que le niveau de risque reste de même. Plus que jamais, la réussite des vacances en Haïti influencée par et pour des jeunes doit sortir de l’ordinaire.  

Des entrepreneurs culturels et éducatifs vont tenter malgré tout, et sans les moyens ou accompagnements venant des administrations respectives de leur commune (la mairie), pour perpétuer la tradition des camps d’été dans un pays où sortir peut se confondre à un acte à regretter amèrement,  à haut risque ou même suicidaire. Comment rassurer les parents et recréer leurs enfants avec l’accompagnement des dirigeants ? Pourquoi poursuivre les débats sur les offres culturelles de qualité pour les vacances en Haïti ?

Devant toutes ces crises, ces complaintes, ces complexités, ces considérations politiques,  sécuritaires, sociologiques et culturelles, les jeunes en Haïti, qui évoluent dans la capitale et dans les villes de province, doivent s’investir dans pas moins de douze actions ou activités intelligentes pour pouvoir profiter de ces vacances estivales. Cette période, rappelons-le, va une fois de plus  coïncider avec la célébration de la journée mondiale des jeunes le 12 août. 

Développer une intelligence spatiale ou environnementale est la première action à entreprendre par les jeunes haïtiens dans ce contexte particulier sans monter dans les nuages pour rêver, ces derniers doivent avoir les deux pieds sur terre. Les jeunes Haïtiens doivent plus que jamais apprendre à observer, à questionner, à réfléchir,  prospecter, comparer,  analyser et  diagnostiquer leur environnement immédiat,  accessible, limité ou imposé par leurs parents ou les nouveaux maîtres visibles, invisibles et bien connus de l’espace haïtien.

De cette intelligence environnementale viendra ensuite l’intelligence temporelle.  En effet, chaque année et depuis plusieurs générations,  les vacances représentent une tranche importante dans le  calendrier du système éducatif et des secteurs économiques pouvant offrir des activités plus récréatives, touristiques et moins exigeantes ou restrictives. En dépit du fait  que les nombres de mois et de semaines soient réduits, les jeunes doivent apprendre à compter, mesurer et maximiser leurs objectifs autour de la période restante, pour en faire la différence, en profitant au maximum des grandes vacances. 

Dans le même sens que les professeurs écrivaient aux tableaux dans les salles de classe, le message suivant : « Qui veut juin prépare octobre (septembre depuis un certain temps), il en est de même pour les vacances. Pour les parents et leurs enfants, y compris des dirigeants politiques et les acteurs économiques, on doit leur rappeler qui veut de bonnes vacances doit les préparer à l’avance. Pourquoi et comment ?

Dans la troisième activité à entreprendre,  les jeunes haïtiens doivent pouvoir s’informer, se former et se mesurer sans la réalité et pour mieux confronter certaines vérités en développant des compétences et des activités autour de l’intelligence économiques. En apprenant à identifier les secteurs et les institutions économiques porteurs et les plus stables et dynamiques dans la ville ou le quartier, pour ensuite leur  proposer d’autres activités récréatives, innovantes, valorisantes en parallèle et de façon complémentaire, il est possible d’offrir des alternatives aux familles le jour comme la nuit, pour mieux réussir les vacances. 

Dans la quatrième activité à entreprendre par les jeunes en Haïti, ces derniers à titre personnel et surtout en groupe, la meilleure des stratégies gagnantes, solidaires  et durables consiste à inventorier et/ou actualiser la liste des principaux sites d’animation, d’attraction et de récréation dans chaque résidence et tous les autres espaces publics, privés, mixtes et communautaires du quartier, de la ville, ou dans chaque département géographique.  Entre des visites de terrain et l’exposition des images et des vidéos, des sites retenus,  de nouvelles évaluations, des interventions et des rencontres permettront de rapprocher le plus grand nombre de jeunes via des face à face et sur les médias sociaux. 

Dans les huit autres activités restantes, les jeunes seront invités à planifier et à profiter de leurs vacances à partir des quatre approches suivantes :  le développement de nouvelles activités relatives à : 1.Les connaissances, 2. Les compétences, 3. La créativité, 4.La communication. En effet,  chacun de ces quatre domaines d’activités sera réalisé à la fois à titre personnel ou en groupe, sans aucune contrainte, mais de manière consciente et intelligente par les jeunes qui sauront profiter de leurs temps au maximum.  À chaque période de vacances, il est possible pour les jeunes de développer de nouvelles compétences,  d’augmenter leurs contacts en renforçant leur capital social, et d’enrichir leurs connaissances ou en créant de nouvelles œuvres. 

Dans le troisième cadran qui présentera les quatre dernières activités, les jeunes haïtiens les plus avisés prendront le temps de réaliser les principaux exercices suivants, très déterminants que sont: Le sport, la lecture, la médiation et la formulation d’un projet personnel ou collectif  utile à réaliser avec ses propres ressources et en développant des partenariats pendant les vacances. Ces projets à  réaliser doivent servir de bilan lors des prochaines retrouvailles et la rencontre de nouveaux amis à la fin des vacances. 

Des vacances intelligentes pour les jeunes haïtiens, face à l’absence de politique culturelle dans les mairies pour proposer des agendas récréatifs et touristiques aux familles évoluant en Haïti. Contrairement à la réalité des millions de  jeunes évoluant dans d’autres pays voisins ou lointains, plus paisibles et qui planifient pour le bien-être du plus grand nombre, les jeunes haïtiens qui ont passé toute l’année entre les crises et les communications déshumanisantes doivent savoir que la période des vacances estivales ne peut se réduire à de simples moments de repos ou de récréations passives, ils doivent profiter de ces vacances pour se recréer objectivement, se renouveler socialement, se réinventer culturellement, et pour se repenser économiquement, tout en faisant le plein. 

 

Dominique Domerçant

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