Un fossile de reptile marin vieux de 83 millions d’années découvert au Manitoba

Un fossile de mosasaure vieux d’environ 83 millions d’années a été retrouvé à Miami, à 110 km au sud-ouest de Winnipeg.

Les fouilles sont toujours en cours, mais 75 % des os de ce reptile marin ont déjà été déterrés, selon le directeur général du Canadian Fossil Discovery Centre (CFDC), Adolfo Cuetara, qui dirige l’opération. Le CFDC, situé à Morden, possède une collection de 20 000 fossiles, selon lui.

Adolfo Cuetara raconte qu’au début du mois de juillet, un technicien a commencé par trouver un petit os en creusant à l’aide d’un tracteur sur la parcelle de terre achetée en 2004.

Il a continué son travail avec des outils manuels et a vite réalisé que l’os n’était pas isolé. Après quelques fouilles, l’équipe a retrouvé 15 vertèbres et ils ont compris qu’ils venaient tous du même animal.

Ce n’est pas rare de trouver des os de dinosaures, mais c’est rare de trouver un mosasaure entier.

Adolfo Cuetara explique que le fossile a été découvert au début du mois de juillet. (Photo d’archives)

Photo : Tatsuya Shinmura

L’expert estime qu’il ne s’agit pas d’un très grand spécimen de mosasaure, puisque les individus de cette famille pouvaient mesurer jusqu’à 16 mètres. Ce mosasaure faisait probablement entre 6 et 7 mètres, indique-t-il.

L’Amérique était un océan à l’époque où le reptile géant a vécu, soit il y a des dizaines de millions d’années, selon Adolfo Cuetara. Les sédiments retrouvés dans l’escarpement du Manitoba datent du crétacé supérieur […] et ils ont 83 millions d’années.

Plusieurs personnes écoutent les observations d'un archéologue à propos du mosasaure trouvé au site de l'excavation.

Adolfo Cuetara explique que les mosasaures pouvaient mesurer jusqu’à 16 mètres.

Photo : Canadian Fossil Discovery Centre

Il explique que des conditions rares doivent être rassemblées pour que des squelettes entiers puissent être fossilisés.

Le directeur du CFDC explique qu’il faut qu’un certain nombre de minéraux remplissent les os dans l’eau. L’animal doit ensuite être enseveli de sédiments très rapidement, pour éviter tout contact avec de l’oxygène ou d’autres bactéries qui pourraient décomposer l’os, selon lui.

Habituellement, quand un animal meurt, la chair se décompose et les os sont déplacés par des prédateurs ou des courants d’eau. C’est pour cela que la plupart du temps, on trouve seulement des fossiles isolés.

Avec l’accès à un tracteur et plus d’infrastructures, le directeur s’émerveille que les chances de trouver d’autres fossiles et de nouveaux squelettes augmentent avec cette découverte.

Le processus d’excavation

Sur un site d’excavation, il ne suffit pas de fouiller, selon Adolfo Cuetara. Il précise que quand un squelette est découvert, il est important de prendre le plus d’information possible du terrain.

Nous devons prendre non seulement les os, mais aussi des échantillons du terrain autour. Nous devons mesurer la distance avec les os, la localisation et l’orientation des os, explique-t-il.

L’équipe les amène ensuite au laboratoire pour nettoyer et observer les os ainsi que les échantillons recueillis à l’aide d’un microscope pour identifier les microfossiles qui leur sont associés.

L’expert ajoute que parfois, il est même possible de déterminer les contenus de l’estomac grâce aux échantillons trouvés à l’emplacement où l’organe aurait pu se trouver.

D’après Adolfo Cuetara, quand toutes ces informations sont recueillies, un paléontologue étudie chaque os, les mesure et les compare à ceux d’autres espèces, pour ensuite déterminer l’espèce exacte.

C’est un processus qui peut prendre des années, reconnaît-il.

Jusqu’à ce que l’analyse soit complète, les experts peuvent tenter d’identifier à quelle espèce de mosasaure appartient le spécimen retrouvé à l’aide d’autres os dans leur collection.

Adolfo Cuetara précise que si l’animal retrouvé appartient à une nouvelle espèce, il sera exposé au musée du Canadian Fossil Discovery Centre.

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