« Elle m’a arraché la peau »: une septuagénaire agresse une propriétaire de chien qui le laisse se soulager sur une pelouse à Monaco

Peut-on encore soutenir mordicus que des rapprochements entre êtres humains et chiens contribuent grandement à la facilité sociale? Curieux aveuglement plutôt, après la guéguerre observée devant le tribunal correctionnel entre deux résidentes du secteur de Fontvieille. Une plaignante monégasque (la maîtresse) et une prévenue septuagénaire (la contestataire), chacune à sa manière et avec leurs raisons propres, se sont expliquées autour de ladite affaire. Le motif ? Des excréments de l’animal sur la pelouse du jardin de l’Unesco le 11 août 2022. À l’époque, la réaction avait engendré violences, injures, griffures.

La prévenue bien connue de la police

À l’audience, la férocité des rapports est encore palpable dans cette altercation, sanctionnée par un jugement de simple police en avril dernier. Mais la contrevenante ne veut pas en démordre et elle a fait appel devant la juridiction collégiale qui a statué sur les infractions reprochées. Dès l’instruction du dossier, le président Florestan Bellinzona déplore l’intervention déplacée de la retraitée. « Vous vous rapprochez de la victime, vous l’offensez et vous essayez de vous emparer de la laisse de son animal. Évidemment, cette femme vous repousse et vous la griffez en lui empoignant le bras. Pourquoi exprimer votre désapprobation de la sorte? C’est grave!

Les pelouses ne sont pas faites pour les besoins des chiens, répond avec autorité la retraitée. Je ne supporte pas cet incivisme.

Êtes-vous agent de police et habilitée à faire respecter les règlements des espaces verts publics?

Mais non! Je suis très pacifiste et j’aime la Principauté. Les déjections canines font plus de dégâts que d’autres… Les propriétaires d’animaux de compagnie doivent utiliser les caniveaux pour leur laisser faire leurs crottes… »

La plaignante, propriétaire d’une « miniature de 3 kg », mentionne « les cris d’oiseau de son adversaire. Au point que des personnes de l’entourage sont venues pour calmer cette dame. Elle s’occupe de choses qui ne la regardent pas. Face à son comportement et aux blessures subies, jusqu’à m’arracher la peau, j’ai demandé l’aide des policiers qui patrouillaient dans la galerie commerciale. Je demande 500 euros pour tout préjudice.

Ce n’est pas beau de mentir, madame! C’est elle qui m’a poussée au point de chuter. J’ai eu très peur, fait remarquer vivement la septuagénaire, aussitôt semoncée par le magistrat.

Vous êtes connue des services de police. La liste des mains courantes qui vous concernent est fournie.

Ce ne sont que calomnies…

Quels sont vos revenus?

Je n’ai pas l’intention de verser le moindre argent! Car j’aime tellement les chiens que je ne mange plus de viande. Seulement du poisson… »

La première condamnation confirmée

Au moment de s’exprimer, le parquet est choqué par ce mépris d’autrui. « La victime porte bien les stigmates d’une agression, convient le substitut Emmanuelle Carniello. La prévenue a refusé de se soumettre à des expertises et des soins. Elle n’a pas arrêté de crier, de s’agiter, comme aujourd’hui à l’audience. Combien de fois avez-vous dû la rappeler à l’ordre! Cette dame trouble l’ordre public en permanence. Le bénéfice de cette comparution consiste à lui inculquer de respecter les autres personnes. Confirmer la première condamnation! »

Il s’agit d’un simple cas de légitime défense pour Me Xavier-Alexandre Boyer qui décortique l’altercation de façon à plaider la relaxe. « Sans témoin, c’est paroles contre paroles. Où sont les violences? Si ma cliente tend la main, c’est pour prendre la laisse? Déstabilisée, elle s’accroche au bras de la plaignante qui, absente à la première audience, ne peut pas se constituer partie civile. »

Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public.

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