Une employée licenciée après qu’une technologie de contrôle de la frappe au clavier révèle ses manquements
Une grande compagnie d’assurance a utilisé une technologie de contrôle de la frappe sur l’ordinateur portable d’une employée pour vérifier si elle travaillait pendant les heures prévues… et cela s’est terriblement mal terminé pour elle.
Après avoir été renvoyée le 20 février dernier, Suzie Cheikho, qui selon son profile LinkedIn habite à New South Wales en Australie, avait déposé une plainte pour licenciement abusif auprès de la Fair Work Commission (FWC), mais celle-ci l’a rejetée.
Selon les conclusions publiées par la commission, Mme Cheikho était responsable, chez Insurance Australia Group (IAG), de la création de documents d’assurance, du respect des délais réglementaires et de la surveillance de la «conformité du travail à domicile», entre autres fonctions importantes.
Ironiquement, ses propres performances en matière de travail à domicile ont marqué la fin de sa carrière de 18 ans au sein de la compagnie.
Selon les conclusions de la FWC, Mme Cheikho a été licenciée le 20 février pour avoir manqué des échéances et des réunions, avoir été absente et injoignable, et n’avoir pas accompli une tâche qui a conduit l’autorité de régulation du secteur à infliger une amende à son employeur.
Un mois plus tard, Mme Cheikho a déclaré à la FWC que son employeur avait un «plan prémédité pour l’écarter de l’entreprise et qu’elle était visée en raison de ses problèmes de santé mentale».
Selon les conclusions en ligne, Mme Cheikho a reçu un avertissement formel en novembre 2022 concernant son rendement et a été soumise à un plan d’amélioration des performances, rapporte le New York Post.
Elle a fait l’objet d’un examen détaillé de sa cyberactivité, qui a analysé le nombre de fois où elle a appuyé physiquement sur son clavier pendant 49 jours ouvrables, d’octobre à décembre.
L’examen a révélé qu’elle n’avait pas travaillé pendant 44 jours, qu’elle avait commencé en retard 47 jours, qu’elle avait terminé en avance 29 jours et qu’elle n’avait effectué aucune heure de travail pendant 4 jours.
Photo tirée de LinkedIn | Suzie Cheikho
Les jours où elle s’est connectée, elle a eu une «très faible activité de frappe» et n’a enregistré aucune frappe pendant 117 heures en octobre, 143 heures en novembre et 60 heures en décembre.
Elle a effectué en moyenne 54 frappes par heure pendant la durée de la surveillance, ce qui montre qu’elle ne se présentait pas au travail et qu’elle n’effectuait pas les tâches demandées.
Lors d’une réunion officielle sur l’examen, Mme Cheikho a déclaré qu’elle ne croyait «pas une minute» que les données étaient vraies.
«Parfois, la charge de travail est un peu lente, mais je n’ai jamais cessé de travailler», a-t-elle assuré à ses supérieurs, selon les conclusions de la FWC.
Dans une réponse écrite, Mme Cheikho a expliqué qu’elle avait examiné les données pour trouver une explication aux heures manquantes, mais qu’elle ne se souvenait vraiment pas pourquoi ni comment le nombre d’heures manquantes était si élevé.
«J’ai traversé de nombreux problèmes personnels qui ont entraîné une dégradation de ma santé mentale et, malheureusement, je pense que cela a affecté mes performances et mon travail», a-t-elle mentionné.
Mme Cheikho a aussi expliqué qu’elle commençait toujours à l’heure, mais qu’elle avait eu «quelques problèmes» à cause d’une blessure.
Le vice-président de la FWC, Thomas Roberts, a déclaré que les preuves montraient que Mme Cheikho «ne travaillait pas comme elle était tenue de le faire pendant ses heures de travail désignées» lorsqu’elle était sous surveillance.
Il a estimé que Mme Cheikho n’avait pas été en mesure de fournir une explication crédible quant aux irrégularité dans ses données.
«La requérante a été licenciée pour un motif valable de mauvaise conduite», a écrit M. Roberts, qui a par ailleurs souligné que selon lui, il y avait peu de chance «que les facteurs sous-jacents à la déconnexion de la requérante de son travail étaient sérieux et réels.»
Dans la mesure ou Mme Cheikho était à l’emploie de la compagnie depuis de nombreuses années, M. Roberts déplore ce licenciement, mais ne doute pas que «le licenciement du requérant n’était pas sévère, injuste ou déraisonnable.»
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