Nouvelle guerre froide et crise de la domination occidentale

Les débats d’été du «Temps»: L’Occident et les autres

Cet été, Le Temps confie à nouveau ses espaces dévolus aux opinions à plusieurs personnalités, chacune coordonnant une semaine autour d’un thème donné.

Des «anciennes aux nouvelles fractures» aux «déclins et alternances» en passant par les «valeurs et mesure»: la relation entre l’«Occident et l’autre» est à retouver dans le dossier concocté par le professeur Mohamed Mahmoud Mohamedou et ses invités

Sa domination de nouveau contestée, l’Occident a décidé de réécrire les normes et règles du jeu. Le système international contemporain qui est apparu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale était biaisé à l’encontre des pays du Sud. Initiés au début des années 1960, les efforts pour remédier à cette asymétrie – en mobilisant leur force numérique à travers des structures telles le Mouvement des pays non-alignés ou le Groupe des 77 – se sont essoufflés à l’orée des années 1980 face aux programmes d’ajustement structurels de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Les pressions de dérégulation imposées par ces institutions ont ravagé les contrats sociaux locaux et enterré une grande partie du Sud sous une montagne de dettes. Les années 1980 et les années 1990 ont ensuite été des «décennies perdues».

Le système international post-1945 avait incorporé deux modèles de gouvernance. D’une part, le droit des nations à un suffrage égal au sein de l’Assemblée générale des Nations unies reproduisait les systèmes politiques nationaux et le vote citoyen. D’autre part, le vote pondéré en fonds au FMI et à la Banque mondiale renversait, pour sa part, l’égalité souveraine en introduisant des normes de gouvernance «par actions» dans les relations entre nations. Le Conseil de sécurité des Nations unies établissait, pour sa part, une logique féodale en octroyant un privilège seigneurial de veto à cinq membres permanents. En infériorité numérique et mis en minorité de vote par leurs anciennes colonies, les puissances occidentales ont commencé alors à ignorer l’Assemblée générale des Nations unies. Cette mise à l’écart a reflété l’effacement du principe d’égalité souveraine et a miné les solidarités du Sud, forçant les pays de cette aire à entrer dans une concurrence à la dérégulation dans l’espoir d’attirer les investissements occidentaux, d’accélérer leur croissance et d’accroître leur poids dans le système international.

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.

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