FRANCE 5 – MERCREDI 16 AOÛT À 21 HEURES – DOCUMENTAIRE
De l’aventurier, il a surtout la curiosité. Pour son antépénultième numéro de l’été, François Pécheux le prouve une fois encore en descendant du nord au sud, sur plus de 500 kilomètres, l’Ouémé, plus grand fleuve intérieur du Bénin. Avec pour seule certitude : « Au bout c’est la mer ». Cela fait ainsi six saisons qu’il navigue à vue entre, à bâbord, le concept de ce magazine de découverte – le journaliste se met en scène, portant une bassine de sable et partageant le gîte et le couvert avec les autochtones – et, à tribord, des reportages de haute tenue sur le pays visité.
Aussi François Pécheux n’hésite pas à payer de sa personne : avant même d’avoir trouvé la source de l’Ouémé, près du mont Tanéka, il aura ainsi toussé en fumant une longue pipe sous « l’arbre à parole », avec un chef de village qui ne fait pas ses 80 ans ; il aura bu l’eau d’un puits ; avant de se faire piquer par des fourmis de plus d’un centimètre de long et d’enfourcher une Mobylette, le moyen de transport préféré des Béninois.
Ces péripéties, dont la légèreté peut amuser, permettent également de visiter un village du nord du Bénin et de côtoyer les habitants qui y vivent, alors que le Bénin est sorti, en 2020, du peloton de queue des vingt-cinq pays les plus pauvres de la planète, et poursuit depuis son redressement, avec une croissance de 7,2 %, en 2021, et 6 %, en 2022, selon la Banque mondiale.
Grande vallée agricole
On retrouve de l’activité 200 kilomètres plus au sud, à Ouinhi, où des hommes extraient le sable du fleuve avant que des femmes ne le portent jusqu’aux camions qui le transportent en ville, où il sert de matériel de construction. Mais alors que François Pécheux peine à soulever une bassine, les Béninoises en portent en moyenne 100 par jour, payées 5 euros.
Plus bas sur l’Ouémé, Adjohoun est la plus grande vallée agricole après celle du Nil. Là encore, derrière la situation « gaguesque » d’un François Pécheux incapable de s’élever à plus de 50 centimètres du sol pour attraper des régimes de noix de palme, les locaux s’amusent : « Ami François, au travail. » Et les téléspectateurs s’instruisent sur la production d’huile de palme traditionnelle et artisanale.
L’arrivée à Ganvié, connue pour être la plus grande cité lacustre d’Afrique de l’Ouest, était attendue. L’escale va se révéler enrichissante, tant sur son histoire (née il y a trois cents ans sur l’eau, pour se protéger des esclavagistes) que sur l’importance des cultes chrétiens pratiqués, célestes et évangélistes. Tout aussi attendue, la capitale, Cotonou, en revanche, va marquer une cassure, avec ses immeubles, sa circulation grouillante et ses habitants vêtus à l’occidentale. François Pécheux avait prévenu : il ne faut pas voyager en ayant des a priori.
Le Fleuve Ouémé au Bénin, documentaire de Christelle Leroux, François Pécheux et Stéphane Jobert (Fr., 2023, 52 min). Diffusé dans le cadre de l’émission « Au bout c’est la mer », présentée par François Pécheux, sur France 5.
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