L’ONU fustige un « coup de tête » et l’état de santé de Bazoum inquiète

  • Des militaires ont entrepris un coup d’Etat au Niger et écarté le président élu, Mohamed Bazoum, le 26 juillet dernier. Dans la foulée, le général Abdourahamane Tiani s’est autoproclamé chef de l’Etat.
  • Depuis, les pays ouest-africains se divisent entre les régimes militaires soutenant le putsch et ceux qui appellent au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Quant à la France, comme ses partenaires, elle ne reconnaît pas le régime mis en place à Niamey par les militaires, y compris le gouvernement présenté le 10 août et composé en partie de civils.
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Le fait du jour

L’ONU a dénoncé les militaires qui ont pris le pouvoir à Niamey « sur un coup de tête », affirmant que « la notion même de liberté au Niger est en jeu ». « Les généraux ne peuvent pas s’arroger le droit de défier – sur un coup de tête – la volonté du peuple. La loi des armes n’a pas sa place dans le monde d’aujourd’hui », a fustigé Volker Türk, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, dans un communiqué. Ce dernier a également appelé les généraux à libérer Bazoum et à « rétablir immédiatement l’ordre constitutionnel ». Il a aussi réclamé « un accès libre et total à l’aide humanitaire » dans le pays, l’un des plus pauvres du monde, très vulnérable au changement climatique et miné par les violences de divers groupes armés djihadistes.

A noter que les chefs d’état-major des armées ouest-africaines étaient réunis pour la seconde journée au Ghana, dans l’optique d’une éventuelle intervention armée au Niger. Rien n’avait filtré en fin de journée des possibles conclusions des responsables militaires des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

La phrase du jour

Le président Bazoum, démocratiquement élu, reste le chef d’État légitime du Niger. Ses conditions de détention se détériorent. Toute nouvelle détérioration de son état de santé aura de sérieuses conséquences.

Tels sont les mots du président du Conseil européen Charles Michel prononcés lors d’un entretien avec le président du Nigeria Bola Tinubu.

Le chiffre du jour

28. C’est le nombre de civils qui ont été tués en début de semaine dans des violences dans plusieurs villages du sud-ouest du Niger, près du Mali, a indiqué vendredi une source officielle locale, un bilan qui pourrait être plus lourd selon une source sécuritaire. Certains corps « ont été charriés par le fleuve » Niger, a souligné un haut fonctionnaire de la région de Tillabéri où ont eu lieu ces violences. Quatre départements ont été affectés par ces violences qui ont débuté « le 15 août au crépuscule (…) pour se terminer à la mi-journée du 16 août », a-t-il précisé, sans indiquer l’origine de leur déclenchement.

La tendance du jour

Fausses rumeurs, vidéos détournées, audios manipulés : le récent coup d’État militaire au Niger a remis une pièce dans la machine de la désinformation qui sévit au Sahel depuis des mois, sur fond de divisions grandissantes entre pays ouest-africains. Depuis le 26 juillet et le coup d’État au Niger qui a renversé le président Mohamed Bazoum, l’AFP a vérifié une quinzaine d’allégations trompeuses sur les réseaux sociaux, visant tantôt à décrédibiliser, tantôt à soutenir les militaires qui ont pris le pouvoir.

Parmi elles, des images d’amateur d’une manifestation en soutien à Bazoum, tenue au premier jour de la crise, ont été repartagées plusieurs fois sur X (ex-Twitter) et Facebook dans les jours qui ont suivi, laissant croire à tort que différentes marches ont été organisées par ses partisans.

Reste que pour Ikemesit Effiong, directeur de recherche du cabinet de conseil nigérian SBM Intelligence, la campagne de désinformation visant le Niger ne semble « pas particulièrement bien coordonnée ou gérée de manière centralisée », dans une région « où les opinions anti-impérialistes et anti-occidentales sont populaires et faciles à vendre ». Enfin, les militants panafricanistes « se sont forgés en alliés de circonstance » de la Russie, notamment pour véhiculer un sentiment de rejet de la France.




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