Jardin animalier : un été sous le signe des naissances

Chaque année, le Jardin animalier Rainier-III voit ses troupes s’agrandir pour le plus grand bonheur des visiteurs. Depuis fin mars – début de la saison des naissances pour la plupart des espèces qui se trouvent au sein du parc d’un hectare – une soixantaine d’animaux ont vu le jour. Mais pas de manière hasardeuse.

Car ici, les naissances sont contrôlées selon des critères spécifiques. « On ne reproduit pas pour reproduire, explique Laurent Peyronel, directeur du Jardin animalier. C’est selon le nombre, selon la rareté de l’espèce. On va jeter les œufs de certaines parce qu’elles sont trop représentées. Par exemple la tortue d’Hermann : on en récupère 30 ou 40 par an. On contrôle tout en laissant faire la nature.« 

La plupart des nouveau-nés seront, une fois sevrés, donnés à d’autres instituts animaliers. Voici les derniers animaux qui ont vu le jour au Jardin animalier.

Deux paons ont vu le jour le 20 juin. (Photo Loïc Romeuf).

Deux petits paons – ici avec leur maman – sont nés le 20 juin. Vingt ans auparavant, un mâle et deux femelles ont fait leur arrivée dans le Jardin animalier. Aujourd’hui ils sont huit avec les nouveau-nés. « Ils sont en liberté dans le parc, précise Laurent Peyronel. Ça leur arrive de se balader dans Fontvieille et sur le toit du musée des Timbres et des Monnaies. » 

Chaque année, entre trois et six petits naissent dans le parc. « On laisse les femelles couver que si on a de la demande. Là, une ferme pédagogique cherchait des paons donc on les a laissés. » C’est une espèce domestiquée qui n’est pas du tout menacée.

Deux ibis rouge et leurs parents. (Photo Jardin animalier Rainier-III).

Deux ibis rouge, une espèce qui vit en Amérique du Sud et qui a été hautement menacée – à la limite de l’extinction dans les années 70 et 80 à cause de la chasse (en trophée et pour ses plumes) – sont nés le 22 juin. Douze au total, les premiers sont arrivés il y a quinze ans au parc pour faire un brassage génétique.

Deux agoutis d’Azara. (Photo Jardin animalier Rainier-III).

Un agouti d’Azara, un rongeur entre le rat et le cobaye qui vit en Amérique du Sud, est né le 1er août. « On a récupéré un couple il y a une dizaine d’années. On a eu des petits l’année d’après donc on les a gardés. On avait un groupe de cinq et la femelle de plus de 20 ans est morte donc, cette année, on a laissé reproduire. »

Le pigeon de Nicobar. (Photo Jardin animalier Rainier-III).

Deux pigeons de Nicobar, nés le 27 juin. « C’est l’un des colombidés les plus rares de la planète », glisse Laurent Peyronel. Cette espèce est « quasiment menacée » mais bien implantée en parc zoologique.

Originaires du Zoo de Mulhouse, ils sont présents depuis une vingtaine d’années au parc et se reproduisent très bien avec deux à trois naissances annuelles. Ils seront eux aussi amenés à être transférés dans d’autres parcs en France.

Les dendrocygnes veufs, un canard d’Amérique du Sud (Photo Jardin animalier Rainier-III).

Voici les dendrocygnes veufs, un canard d’Amérique du Sud. « On les appelle veufs parce qu’ils ont une calotte blanche à l’arrière et on dirait un moine qui est en deuil [rires]. » Ces oiseaux ont été offerts il y a quelques années par un éleveur particulier.

Et ils sont rusés. « D’habitude on enlève les œufs, parce que c’est une espèce qui n’est pas menacée. Sauf qu’on ne les a pas vus. On n’a jamais vu la femelle couver. Ils étaient treize et un matin on l’a vue avec sept petits. Elle est très forte », plaisante Laurent Peyronel.

Ils sont entre 1,5 et 2 millions dans le monde et partiront eux aussi dans un autre parc. « Mais pas n’importe où. Il faut qu’il montre patte blanche et qu’il soit mieux qu’ici. »

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