Baiser forcé: Luis Rubiales dans le viseur des autorités espagnoles

Le patron du football espagnol, Luis Rubiales, qui a suscité une vague d’indignation en embrassant de force la championne du monde Jenni Hermoso, encourt désormais les sanctions des autorités de son pays après avoir été suspendu par la Fifa.

Saisi par le gouvernement espagnol, le Tribunal administratif des sports (TAD) s’est réuni à 13H00 (11H00 GMT) pour se prononcer sur la plainte de l’exécutif contre Rubiales, a-t-on appris auprès de cette instance.

Si elle ouvre une procédure, le Conseil supérieur des sports (CSD), un organisme gouvernemental, pourra alors suspendre le président de la fédération (RFEF) le temps que l’affaire soit jugée sur le fond.

Le président du CSD, Victor Francos, doit s’exprimer devant la presse à partir de 18H30 (16H30 GMT) pour dévoiler les mesures que compte prendre son instance contre Rubiales. Agé de 46 ans, il a été suspendu samedi par la Fifa «de toute activité liée au football au niveau national et international» pendant 90 jours.

L’affaire, déjà surnommée le «#MeToo du foot espagnol» et qui a éclipsé le sacre mondial de la Roja féminine, a entraîné une vague d’indignation en Espagne mais aussi à l’étranger.

Plusieurs équipes de football masculines et féminines du pays ont exhibé des banderoles ou des T-shirts avec l’inscription #SeAcabo (finissons-en) pour demander la fin de l’impunité envers les actes sexistes et les violences sexuelles, un slogan devenu viral sur les réseaux sociaux.

Les condamnations ont dépassé le monde du football, avec la légende du basket espagnol Pau Gasol, et du sport avec l’actrice israélo-américaine Natalie Portman.

Grève de la faim

Dans un pays considéré comme très avancé en matière de droits des femmes, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez est particulièrement virulent contre Luis Rubiales.

«Face à un baiser non consenti», considéré dans le Code pénal espagnol comme une agression sexuelle, «le gouvernement a l’obligation d’agir», a estimé lundi la ministre de l’Egalité, Irene Montero, sur la radio Cadena Ser.

«Il est très important que Rubiales ne reste pas en poste», a-t-elle ajouté, évoquant «des millions d’autres baisers non consentis, d’attouchements non consentis au travail qui restent malheureusement impunis.»

La numéro trois du gouvernement, Yolanda Diaz, a elle annoncé le dépôt d’une autre plainte devant le CSD pour exiger que la fédération respecte la loi sur la parité homme-femmes dans ses organes de direction, qui est une «clé contre le machisme structurel».

Quelques minutes après la victoire de la Roja en finale de la Coupe du monde face à l’Angleterre le 20 août, Rubiales a plongé le football espagnol dans le chaos en embrassant sur la bouche Jenni Hermoso lors de la cérémonie de remise des médailles à Sydney.

Son refus, contre toute attente, de démissionner vendredi malgré d’intenses pressions a choqué tout comme son discours violent contre un supposé «faux féminisme».

L’ancien défenseur martèle que ce baiser était «consenti». «C’est elle qui m’a soulevé et pris dans ses bras. (…) Je lui ai demandé « un petit smack » et elle m’a dit « d’accord »», a-t-il affirmé.

Une version catégoriquement démentie par la championne du monde qui a dit s’être sentie «vulnérable et victime d’une agression, d’un acte impulsif et sexiste, déplacé et sans aucun consentement de ma part».

Dénonçant le «harcèlement», dont serait victime Luis Rubiales, sa mère a entamé une grève de la faim dans une église de Motril (sud), a indiqué à la presse Vanessa Ruiz Bejar, une cousine du président de la fédération.

Sous pression

En plein processus de candidature à l’organisation de la Coupe du monde 2030 avec le Portugal et le Maroc, la RFEF a convoqué lundi une réunion extraordinaire des présidents des fédérations régionales, a confirmé une source proche à l’AFP. Selon plusieurs médias, cette réunion doit débuter à 16H00 (14H00 GMT).

L’instance est sous pression alors que les 23 joueuses de la Roja refusent de jouer sous la direction actuelle et que six membres de l’encadrement de la sélection féminine ont démissionné samedi.

La présidente de la Ligue féminine de football professionnel, Beatriz Alvarez, a appelé lundi tous les dirigeants de la fédération ayant applaudi vendredi le discours de Luis Rubiales à démissionner.


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