Le Nouvelliste | « La période de transition ne peut pas durer éternellement »

L’ambassadeur de France en Haïti, Fabrice Mauriès, est revenu sur les messages essentiels qui sont sortis de la 3e réunion virtuelle des partenaires internationaux de haut niveau sur Haïti, organisée le jeudi 21 avril 2022 par son pays. L’organisation des élections « fiables » dans le pays a été au cœur des discussions. « Nous avons tous appelé à ce qu’il y ait un dispositif de négociation et de dialogue qui aboutisse à un accord fondamental sur un certain nombre de grands paramètres pour sortir de la crise et parvenir à un calendrier. Notre objectif est que ce calendrier aboutisse à une consultation électorale. Comme le peuple français l’a démontré hier, et comme beaucoup de peuples dans le monde le démontrent régulièrement. Il n’y a pas de solution meilleure qu’une élection. Bien sûr, il faut que cette élection soit organisée de manière fiable, qu’elle soit transparente, objective et qu’elle permette à tous d’y participer loyalement », a expliqué l’ambassadeur durant sa participation à la matinale de Magik9 ce lundi 25 avril.


L’objectif de la communauté internationale est d’aboutir à cet accord qui permettrait d’aller vers des élections. « Plusieurs ont indiqué que nous étions aujourd’hui dans une période de transition. C’était une période évidemment nécessaire mais qui ne peut pas durer éternellement. Il faut qu’il y ait un terme à cette période de transition. Le Premier ministre lui-même l’a indiqué. Son objectif est de rendre le pouvoir à un gouvernement élu. Nous le partageons. Il faut arriver à un calendrier qui nous donne cet horizon, pour que nous puissions rétablir des autorités qui soient légitimement, démocratiquement désignées », a-t-il poursuivi.


L’ambassadeur dit reconnaître, toutefois, que l’insécurité qui sévit dans le pays ne favorise pas l’organisation du scrutin « Cela  a été dit par tout le monde le 21 avril, il n’est pas possible aujourd’hui d’organiser les élections qui soient fiables compte tenu de plein de facteurs et le facteur, essentiel est l’absence de sécurité », a-t-il ajouté, soulignant que la France travaille avec d’autres partenaires pour améliorer les conditions sécuritaires des Haïtiens. « Il y a des zones entières du pays, autour de Port-au-Prince notamment qui sont des zones de non droit totales et dans des conditions sécuritaires qui sont épouvantables. Nous pouvons le voir tous les jours, il y a aussi des efforts qui ont été faits. Des petites victoires, de petits accomplissements ont été effectués ces dernières semaines et qui vont dans le bon sens. Nous essayons de faire en sorte que cette trajectoire soit maintenue et approfondie », a souligné M. Mauriès.


Les attentes de l’ambassadeur Fabrice Mauriès


« Sur le plan politique, nous continuons à espérer que le Conseil électoral provisoire CEP) puisse être établi dans les meilleurs délais. Non seulement le CEP pourra être établi mais que l’administration du CEP puisse être à nouveau fonctionnelle parce que nous avons deux problèmes : un CEP qui n’existe plus, mais aussi une administration qui doit être modernisée et refinancée. Ce sont les attentes les plus immédiates et qui permettraient d’enclencher une nouvelle dynamique afin d’aller vers les élections », a avancé l’ambassadeur de France en Haïti, Fabrice Mauriès.


Démenti de l’ambassadeur Mauriès sur un éventuel support de la communauté internationale au premier ministre Ariel Henry


M. Mauriès a démenti les allégations selon lesquelles la communauté internationale supporte le chef du gouvernement Ariel Henry « ni sur le plan des faits actuels ni sur le plan historique. » « Les acteurs qui représentent la communauté internationale en Haïti ont besoin d’un partenaire gouvernemental qui travaille avec nous pour rétablir la sécurité, opérer le pouvoir judiciaire, envoyer les enfants à l’école, améliorer le système éducatif. Voilà pourquoi nous discutons, dialoguons et travaillons avec le gouvernement actuel. Mais, j’ai aussi dit que c’est une période de transition. Cette période de transition doit avoir un terme, elle doit aboutir à un calendrier qui permettra de conduire à une dévolution du pouvoir, selon les termes qui seront les plus consensuels possible à un gouvernement élu », a-t-il soutenu.


Le dialogue en Haïti se heurte à une crise de confiance


L’ambassadeur Mauriès ne croit pas que les acteurs refusent de dialoguer en Haïti. Pour preuve, il évoque des dialogues qui sont actuellement initiés dans le pays. « Je crois que les acteurs politiques souhaitent dialoguer. La raison pour laquelle cela n’aboutit pas c’est qu’il y a une crise de confiance. Un manque de confiance dans le but de ce dialogue. Je crois que tout le monde est persuadé que le partenaire a une arrière-pensée ou à des arrière-pensées qu’il ne souhaite pas mettre sur la table ou qu’il ne souhaite pas que ce soit l’objet de la négociation », a-t-il analysé.


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