Au Niger, le dilemme des soldats français : partir ou tourner à vide : Lignes de défense

Des discussions autour d’un hypothétique retrait français seraient en cours au Niger.

Bien sûr, ce n’est pas la junte au pouvoir qui va infirmer cette rumeur puisqu’elle réclame ce départ. Elle distille même avec autorité des informations sur de discrètes consultations menées par le chef d’état-major des armées, le général Moussa Salaou Barmou, avec des représentants français. Objectif des Nigériens : obtenir le retrait « très rapidement » des 1 500 soldats tricolores. 

Ces derniers sont rassemblés à Niamey au sein d’une composante aérienne (drones et chasseurs-bombardiers) et d’un sous-groupement tactique blindé, l’ensemble de ce dispositif menant des opérations de renseignement et de lutte antiterroriste.

Côté français, on admet que « des échanges de coordination fonctionnelle existent localement entre militaires pour faciliter les mouvements de moyens militaires français immobilisés depuis la suspension de la coopération antiterroriste ». Difficile de trouver plus sibyllin. Toute l’ambiguïté repose sur le terme « mouvement ». S’agit-il de mouvements d’action ou de repli ?

Heureusement, un décodage est possible mais il n’a rien d’officiel. En gros (à défaut d’« en clair »), le message parisien est le suivant : « On ne s’organise pas pour partir. »

Malheureusement, ce décodage se traduit aussi par des questions subsidiaires. Que faire de nos troupes qui « tournent à vide » si leur capacité de mouvements est nulle ? Comment envisager la relève de ce contingent si la présence française est appelée à cesser à court terme ? Où repositionner le dispositif antiterroriste français ? Des questions auxquelles le ministère des Armées ne veut pas encore apporter de réponses.

Ce qui est clair, c’est la volonté actuelle de la France de poursuivre sa mission antiterroriste, même si elle ne peut plus opérer au Mali (depuis août 2022), au Burkina Faso (depuis février) et au Niger. La France veut aussi renforcer les moyens de défense du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Sénégal. Des pays menacés  par la poussée djihadiste mais où il ne faut plus parier sur la permanence de la présence française.

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