Baana Clovis, une étudiante haïtienne âgée de 21 ans, a brisé le silence en partageant sur sa page Facebook, mercredi, son expérience de discrimination à l’embauche, basée sur son apparence physique. Suite à cette publication, l’équipe de rédaction de Loop Haïti a décidé de la rencontrer pour en savoir davantage sur son histoire.
En Haïti, la situation économique est difficile, un tiers des jeunes sont sans emploi, et ceux qui débutent leur carrière, pour devenir souvent la principale source de revenus de leur famille, doivent remuer ciel et terre. Mais cette situation n’a pas pu atténuer le choc de cette jeune étudiante quand elle a su pourquoi elle avait été rejetée pour un poste.
« Honnêtement, je suis rentrée chez moi avec les larmes aux yeux car tous les espoirs de ma mère reposent sur ce travail », a-t-elle écrit sur Facebook.
Actuellement en troisième année à l’Université adventiste d’Haïti, au sein de l’École normale d’instituteurs, Baana Clovis se prépare à conclure ses études universitaires tout en aspirant à une carrière dans l’enseignement. Voulant mettre en pratique ses compétences pédagogiques, elle a franchi les portes de trois écoles pour des entretiens d’embauche, confiante en ses capacités.
Cependant, la réalité qu’elle a rencontrée était tout sauf encourageante, selon ses témoignages publics. « Malheureusement, elles m’ont toutes refusée, même si mon CV était un véritable atout », a-t-elle révélé. Ce qui a particulièrement bouleversé Baana Clovis, c’est la justification fournie par les employeurs qui ont rejeté sa candidature.
« Ils ont préféré me dire qu’ils ne me faisaient pas confiance pour travailler dans une école en raison de ma taille. Ils ont avancé que, du fait de ma petite taille, je ne pouvais pas diriger une classe, prétendant que les enfants ne me respecteraient pas », a-t-elle partagé avec notre rédaction.
Face à cette situation, Baana Clovis n’a pas baissé les bras. « J’ai pleuré, même si ce n’était pas la première fois que je faisais face à de telles situations. Je ne pouvais pas supporter ça, c’était trop pour moi », a-t-elle avoué.
« Je me suis dit que je ne vais plus déposer de CV. Je continuerai d’apprendre et de progresser avec ma propre entreprise », a-t-elle affirmé.
Cette expérience a marqué Baana Clovis et l’a incitée à plaider pour que les dirigeants d’entreprises prennent des mesures pour sensibiliser leurs salariés à l’impact de la discrimination sur les individus. Elle appelle également à promouvoir l’éthique professionnelle et à œuvrer pour l’égalité des chances sur le marché du travail.
« Des séminaires sur l’éthique professionnelle devraient être organisés pour permettre aux salariés d’apprendre comment gérer de telles situations, comment communiquer efficacement avec les personnes qu’ils ont en face d’eux, et envisager des mesures disciplinaires lorsque de telles situations se produisent », a-t-elle préconisé.
Baana Clovis adresse également un message d’encouragement à tous ceux qui, comme elle, sont victimes de discrimination en raison de leur apparence physique et à tous ceux qui luttent pour trouver un emploi. Elle les exhorte à défendre leurs droits avec détermination tout en préservant leur dignité, rappelant que l’égalité des chances devrait être garantie pour chacun, indépendamment de son apparence.
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