Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff
À l’origine du mécontentement de la population de Khossanto, dans le sud-est du Sénégal, un arrêté préfectoral pour modifier le mode de recrutement du personnel local par les entreprises minières de la région. En clair : plutôt que d’être choisi par une commission avec les chefs de village et les autorités locales, le préfet a voulu prendre sous sa tutelle le choix du personnel non-qualifié. Une décision faisant craindre un accaparement de ces postes normalement exclusivement destinés aux populations impactées par l’exploitation aurifère dans la région.
Il s’agit de plusieurs milliers d’emplois, cruciaux dans une commune qui compte plus de 13 000 personnes.
Le 11 septembre, des routes ont été barrées, des pneus brûlés. Et, selon plusieurs témoins, la gendarmerie a ouvert le feu, faisant 2 morts et 8 blessés par balles toujours hospitalisés ce matin.
L’arrêté de la discorde a, lui, finalement été suspendu. À la mi-journée, le ministre de l’intérieur et des mines était attendu sur place pour une réunion de crise.
Plusieurs organisations de protection des droits humains dont la Ligue sénégalaise des droits humains, AfrikaJom Center, et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) demandent l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale. Il n’est pas acceptable qu’une manifestation soit réprimée avec des tirs à balles réelles, a affirmé Seydi Gassama d’Amnesty International.
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