Le français et les mathématiques sont les stars de l’enseignement français. L’Hexagone est le pays de l’OCDE qui consacre la plus grande part du temps scolaire à ces enseignements fondamentaux, selon un rapport publié ce mardi. Pourtant, les résultats des élèves français laissant à désirer dans les classements internationaux.
La France se distingue par ailleurs par son calendrier scolaire, qui compte 16 semaines de vacances (contre 13 en moyenne dans l’OCDE), dont 8 de vacances « intermédiaires », la plus longue durée des pays de l’OCDE pour ces « petites vacances », avec celles de la Communauté française de Belgique. En revanche, la durée des vacances d’été, récemment remise en question par Emmanuel Macron, n’y est que de huit semaines, contre neuf en moyenne dans les pays de l’organisation internationale, selon le rapport annuel de l’OCDE « Regards sur l’éducation ».
Cap sur les fondamentaux
Concernant les fondamentaux, l’OCDE souligne que près de 60 % du temps scolaire à l’école élémentaire française est consacré à la compréhension de l’écrit (lecture, expression écrite et littérature) et aux mathématiques, contre 41 % en moyenne dans l’OCDE. Dans le détail, 38 % du temps en France est consacré à la compréhension de l’écrit, et 21 % aux mathématiques, contre respectivement 25 % et 16 % pour l’OCDE.
Derrière la France, seuls quatre autres pays consacrent au moins 30 % de leur temps à la compréhension de l’écrit (Slovaquie, Lituanie, Turquie et Autriche), la Slovaquie et la Lituanie dédiant elles aussi la moitié de leur temps aux fondamentaux. Or l’accent mis sur ces enseignements a été encore récemment réaffirmé par le gouvernement : le nouveau ministre français de l’Education Gabriel Attal a promis encore pour cette rentrée de « mettre le paquet sur les savoirs fondamentaux ».
Le classement décevant des petits Français
Il a présenté de nouvelles mesures en ce sens (deux heures par jour de lecture au CP, au moins une production d’écrit par semaine en CM2), après déjà des annonces l’an dernier. « Je veux pour notre pays un choc des savoirs, et notamment un choc des savoirs fondamentaux », a-t-il réaffirmé mardi lors de la conférence de presse de l’OCDE.
Le ministre a souligné que ce sujet faisait partie de ses « priorités », pour assurer que « chaque élève acquière les fondamentaux au primaire ». « Nous avons encore du chemin à parcourir », a-t-il ajouté. Car, paradoxe, la France n’excelle pas dans ces matières dans les classements internationaux. Selon la dernière étude internationale Pirls, publiée en mai, les compétences en lecture et compréhension des écoliers français en CM1 sont restées en 2021 en dessous de la moyenne européenne, même si elles se sont stabilisées.
La taille des classes et la formation des profs
Et selon l’étude TIMSS de 2020, son pendant en mathématiques, les petits Français restent à un niveau « beaucoup trop faible » en mathématiques, figurant parmi les moins bons de l’Union européenne. Pour Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE, « on passe beaucoup de temps en France à faire des fondamentaux. Et pourtant, quand on regarde les classements internationaux, on s’en sort moins bien que la moyenne des pays européens ».
« Ça doit nous faire réfléchir sur le fait que tout n’est pas forcément qu’une question de quantité » et qu’une « approche plus qualitative » pourrait être envisagée, a-t-il ajouté. « L’enjeu, c’est d’avoir déjà une meilleure utilisation du volume horaire existant, donc ça veut dire aussi que tous les élèves aient un enseignant devant eux, que ceux qui sont en difficulté aient des possibilités de remédiation », explique-t-il. L’expert pointe aussi « un problème de formation des enseignants » ou « la taille des classes parmi les plus élevées des pays de l’OCDE » en maternelle (22 enfants par classe en 2021, contre 14 dans l’OCDE), qui « nuit à la qualité des apprentissages ».
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