Le CHU de Charleroi-Chimay mise sur l’IA, la robotique et la technologie “pour mieux soigner les patients”: un vaste programme européen TEF est lancé

”Un moment important, une vision d’avenir pour notre région”, ce sont les mots du ministre de la Recherche et de l’Innovation Willy Borsus, ce mercredi matin au CHU de Charleroi, pour le lancement de TEF (”Testing and Eperimentation Facilities for Health AI and Robotics”). Ce vaste programme européen regroupant 50 hôpitaux, laboratoires de recherche et entreprises privées, vise à vérifier, valider, encadrer et faciliter les solutions “Intelligence artificielle”, robotiques et plus généralement technologiques du secteur privé.

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Le problème, c’est qu’il n’y a que 2 % des algorithmes ou prototypes qui arrivent réellement jusqu’au patient, souvent parce que ça part d’une idée technologique pour l’appliquer au secteur des soins de santé. Ici, on veut faire l’inverse : partir des besoins des hôpitaux pour trouver des solutions, qui pourront être testées et validées par des praticiens dans des environnements réels”, nous glisse-t-on à l’ISPPC, qui coordonnera le “nœud” belge du programme européen.

Willy Borsus, le ministre wallon de la Recherche et de l’Innovation, en visite au CHU de Charleroi-Chimay pour le lancement du programme européen TEF, sur l’IA et la robotique. ©VAN KASTEEL

Une table d’opération qui peut aussi prendre des images CT Scan sans devoir bouger le patient, une intelligence artificielle qui optimise les rendez-vous en IRM selon le niveau d’urgence des patients (un projet à Londres a permis de réduire considérablement les temps d’attente), utiliser des algorithmes pour prédire les risques de rechute d’un cancer pour améliorer le suivi long terme des patients (c’est utilisé au Japon, à Kyoto), réaliser des diagnostics jusqu’à 30 % plus précis, etc.

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“L’IA progresse et va progresser dans le domaine médical : on estime que le marché pèsera 30 milliards $ à l’échelle mondiale en 2025, cette réalité est en marche. Avec ce programme européen et l’implication de la Wallonie, on peut se positionner sur la carte mondiale”, estime Willy Borsus, ministre de la Recherche et l’Innovation. “Et c’est exactement ce qu’il nous faut, à nous les hôpitaux”, appuie le Dr François Roucoux de l’ISPPC. “Il y a un manque de technologie au service des patients. Et avec ce consortium d’hôpitaux, de chercheurs, de docteurs en éthique, de spécialistes des données personnelles, et de l’innovation des entreprises privées, on va pouvoir s’assurer que des solutions robustes, transparentes et de confiance voient le jour et arrivent jusqu’aux patients. Cela nous permettra aussi de faire des tests directement dans les hôpitaux. On prévoit un focus sur les neurosciences, les problèmes cardiovasculaires, les cancers et notamment en Belgique une attention particulière aux soins intensifs, qui sont un goulot d’étranglement pour le secteur hospitalier, on l’a bien vu durant le Covid.”

Le Dr François Roucoux de l’ISPPC coordonne le noeud belge du TEF, un programme européen visant à favoriser l’IA et la robotique dans les soins de santé. ©VAN KASTEEL

10 millions d’euros sont sur la table, cofinancés par l’Europe et la Région wallonne, pour 5 à 7 ans. “L’objectif, c’est qu’après ce laps de temps, le programme puisse s’autofinancer pour perdurer sans fonds publics.”

Willy Borsus, le ministre wallon de la Recherche et de l’Innovation, en visite au CHU de Charleroi-Chimay pour le lancement du programme européen TEF, sur l’IA et la robotique. ©VAN KASTEEL

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