En Haïti, les négociations qui devaient avoir lieu ce mardi 12 septembre entre les protagonistes de la crise politique ont été renvoyées sine die : « Le local de la nonciature apostolique où devait avoir lieu la rencontre n’était pas disponible », écrit Le Nouvelliste, « personne n’avait pensé à le réserver administrativement ». Et le Premier ministre Ariel Henri ne sera plus disponible à partir de samedi parce qu’il sera à l’Assemblée générale des Nations unies.
Analyse du Nouvelliste : « Quand ce ne sont pas les tergiversations des uns ou des autres, c’est la volonté des parties qui fait défaut ou c’est une panne de local aujourd’hui qui entrave la poursuite des pourparlers politiques. Cependant, dans tous les cas de figure, c’est toujours la nonchalance des acteurs qui met en péril le processus de dialogue. »
La Caricom « déçue »
D’où la déception de la Caricom, l’organisation régionale des Caraïbes dont les facilitateurs était la semaine dernière dans le pays : « Incapacité à discuter, appels à la démission du Premier ministre, la Caricom parle de déception et invite à prioriser les intérêts du peuple », titre Juno 7. Les facilitateurs ont constaté que « le ton des discussions s’était durci et que les positions de certaines parties avaient considérablement régressé », par rapport aux avancées obtenues entre juin et août, précise Le Nouvelliste.
Entre autres, renchérit Le National, parce que, « malgré la grave crise économique et l’expansion des gangs armés, certains acteurs tirent sur la corde raide, exigeant la démission du Premier ministre comme préalable aux négociations ». La séance a donc été reportée à une date ultérieure, rendant impossible l’obtention d’un accord avant la date butoir du 15 septembre, date limite fixée par les Nations unies « pour se prononcer sur la proposition du Kenya de prendre les rênes d’une mission multinationale en Haïti », mais même le Kenya semble hésiter, note Le National.
Un vote à l’ONU ?
Et de fait, « rien n’indique qu’une décision sera prise cette semaine à l’ONU », titre Le Nouvelliste : « L’indécision diplomatique », écrit le quotidien, « est alimentée par la détérioration du climat sécuritaire qui pousse à la création d’une force multinationale plus importante que prévu initialement et par l’impasse constatée dans le déroulement des négociations entre les acteurs politiques haïtiens. »
Un flottement au sein de la communauté internationale qui intervient « au moment où l’on parle de la possible fermeture de la frontière entre la République dominicaine et Haïti après un ultimatum lancé par les autorités dominicaines pour protester contre la construction d’un canal sur une rivière que les deux pays partagent », la rivière Massacre. Selon Le Nouvelliste, une délégation d’officiels haïtiens doit se rendre cette semaine en République dominicaine.
Au Guatemala, la crise politique post-élection s’intensifie
Au Guatemala, le parquet a ordonné ce mardi la saisie des urnes de la présidentielle remportée par Bernardo Arevalo le mois dernier, dans le cadre d’une enquête sur le processus électoral. Et le Tribunal suprême électoral, qui avait la garde des bulletins, n’a pas apprécié : ses magistrats ont organisé une conférence de presse, raconte Prensa Libre, « pour dire que ces actions affectaient la garde du vote des Guatémaltèques ». D’autant que, a signalé la présidente du TSE, le document officiel autorisant la perquisition ne faisait « en aucun cas référence à une ouverture des boîtes, encore moins d’enregistrer leur contenu ou de compter les votes ».
Le procureur Rafael Curruchiche, à l’origine de la perquisition, a affirmé sur les réseaux sociaux « qu’il ne s’agissait pas de favoriser ou de porter préjudice à un parti politique et à ses dirigeants ». Rafael Corruchiche qui avait déjà fait suspendre le parti du président pour de supposées irrégularités. Dans son éditorial, Prensa Libre parle d’une « exécrable, inédite et injustifiable violation de la chaîne de contrôle du vote », et note que la Cour suprême « garde le silence et ainsi se plie tacitement aux atrocités d’un subalterne ».
Les États-Unis et l’Union européenne ont, eux aussi, condamné la perquisition. Et le président élu Bernardo Arevalo a demandé la démission de ceux qu’il appelle, titre La Hora, « les putschistes » : les procureurs Rafael Corruchiche et Consuelo Porras, et le juge Fredy Orellana, qui ont ordonné ces « raids, qui constituent des crimes flagrants », insiste Bernardo Arevalo, parlant d’abus d’autorité à des fins électorales, et de violation de la Constitution. Le président élu a annoncé qu’il allait demander leur destitution. Il a aussi annoncé qu’il suspendait sa participation au processus de transition avec le président Giammattei, « jusqu’à ce que les conditions politiques institutionnelles nécessaires soient rétablies ».
Une enquête en destitution lancée contre Joe Biden
Aux États-Unis, Kevin McCarthy, le chef des républicains à la Chambre lance une enquête en destitution du président Joe Biden, à propos des affaires controversées de son fils à l’étranger. Sa décision est facile à comprendre, écrit The Hill : alors qu’il a lui fallu quinze tours de scrutin pour décrocher son poste, il est sous la pression de son aile droite. Et sa décision de lancer la procédure sans vote protège les républicains modérés, particulièrement ceux qui représentent des districts remportés par Joe Biden en 2020.
Des modérés qui restent quand même peu enthousiastes sur une possible procédure en destitution, vu le manque de preuves. Le New York Times reprend les sept accusations faites par Kevin McCarthy contre Joe Biden, et conclut qu’il n’y a pas grand-chose qui puisse les appuyer.
En tout cas, Kevin McCarthy a le soutien de Donald Trump : selon Politico, l’ancien président a fait pression en coulisse pour que les républicains de la Chambre tentent de destituer Donald Trump. La Maison Blanche, elle, estime que la nouvelle va plutôt inciter les démocrates à se rassembler derrière Joe Biden, rapporte le Washington Post. La Maison Blanche note d’ailleurs que l’annonce de Kevin McCarthy n’a pas envahi les programmes de télévision – de fait, si c’était le cas le matin, constate Politico, à la mi-journée les télévisions s’étaient tournées vers d’autres sujets. Ce qui, pour l’équipe présidentielle, prouve que la nouvelle n’a pas pris dans le public.
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