La communauté internationale semble définitivement ne pas savoir où donner de la tête avec la crise haïtienne. Alors que la question d’une force multinationale est en discussion et que le Conseil de sécurité devrait se pencher sur le sujet le 15 septembre prochain, les acteurs internationaux se montrent plutôt indécis. Des réflexions seraient même déjà entamées sur un éventuel renforcement des forces armées haïtiennes à côté de la PNH dans le cadre de lutte contre le grand banditisme en Haïti. Une position qui divise les grands manitous, notamment les États-Unis qui ne voient pas de bon œil l’intervention de l’armée haïtienne.
Haïti est en proie à une crise sécuritaire sans précédent. La région métropolitaine de Port-au-Prince est en constante ébullition en raison des gangs criminels qui ne cessent d’étendre leurs tentacules, contraignant des milliers de personnes à fuir leur domicile.
La Police nationale d’Haïti a maintes fois montré ses limites dans la lutte contre les bandits. Dépassé par la situation, le gouvernement a appelé à l’aide la communauté internationale en octobre de l’année dernière. La question ne cesse de s’agiter à l’international, mais jusqu’à présent, aucune décision n’est prise pour donner suite à la demande du pouvoir en place.
Dans l’intervalle, le Kenya s’est proposé pour prendre le leadership d’une force multinationale dans le pays. Mais, de nombreuses organisations en Haïti s’opposent à l’entrée sur le territoire d’une force étrangère. Elles préconisent de préférence une symbiose entre l’armée embryonnaire et la police nationale pour rétablir la sécurité dans le pays.
Cependant, la communauté internationale, notamment les États-Unis, ne voit pas d’un bon œil la remise sur pied des forces armées d’Haïti. Le gouvernement américain souligne qu’il leur était statutairement interdit de fournir une assistance aux forces armées d’Haïti en dehors du soutien aux garde-côtes haïtiens et aux missions de l’ONU en Haïti, révèle le journal floridien.
Cette position est justifiée par rapport à l’histoire tumultueuse de l’armée haïtienne, marquée par des coups d’État et des violations des droits de l’homme, laissant des séquelles profondes dans la mémoire collective.
La communauté internationale se dit alarmée par la situation. Le dernier rapport de l’Unicef fait état de plus de 200 000 déplacés internes. Pourtant, les 1 500 soldats que compte l’armée haïtienne selon les données disponibles restent cantonnés dans leurs bases et n’ont pas reçu l’autorisation d’intervenir pour freiner les gangs.
Quoique sous-équipée, ne disposant ni de chars d’assaut, ni de véhicules blindés, ni d’hélicoptères de combat, ni même de fusils de grande puissance, elle se dit prête à faire face à la situation, comme en témoigne la déclaration faite par le colonel Eddy Marcelin en novembre 2021. En effet, il avait indiqué qu’il lui faut deux semaines pour mettre fin au désordre, pour ce faire, il avait réclamé un char d’assaut, deux véhicules d’assaut, un hélicoptère de combat.
Le Premier ministre, Ariel Henry, avait exprimé le souhait de mobiliser l’armée dans la lutte contre la violence des gangs, mais n’avait reçu aucun soutien de la communauté internationale. Les diplomates étrangers, représentant les principaux donateurs d’Haïti, restent réticents à l’idée d’un rôle plus important pour l’armée, insistant sur les antécédents de l’armée en matière de droits de l’homme.
Toutefois, face aux tergiversations de la communauté internationale et à l’aggravation croissante de la crise, de plus en plus de voix se lèvent en faveur de la mobilisation de l’armée aux côtés de la police nationale dans la lutte contre le banditisme, une option à laquelle l’ONU ne serait pas défavorable, selon les informations.
Esdra Jeudy
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