Lors d’une entrevue accordée a Pablo McKinney dans l’émission télévisée « McKinney » diffusée par Color Visión, le Dr Nelson Espinal Báez, président des Maisons communautaires de justice en République Dominicaine, associé du programme des litiges publics du MIT-Harvard à la Harvard Law School et PDG de Cambridge International Consulting, a déclaré que le trafic d’haïtiens illégaux vers le territoire dominicain génère un revenu pour les militaires et les civils de plus de 4 milliards de pesos par an.
Selon l’avocat, consultant en négociation et professeur d’université, il existe une mafia au niveau de l’immigration entre la République d’Haïti et la République Dominicaine. Cette mafia opérerait au niveau des Forces armées, de la police et de l’immigration qui organisent le passage d’immigrés illégaux, notamment des haïtiens. Báez qualifie cette mafia de « porte tournante » pour la migration illégale en République Dominicaine.
Il affirme estimer le prix que paie un ressortissant haïtien pour entrer sur le territoire dominicain entre 6 000 et 8 000 pesos. Selon le professeur, pas moins de 2 000 immigrants illégaux foulent le sol dominicain chaque jour avec la complicité des agents des Forces armées, de la police, et de l’immigration dominicaine.
Pour lui, si rien n’est fait pour venir à bout de cette mafia, on ne pourra pas résoudre le problème de l’immigration illégale vers la République Dominicaine. « […] sans résoudre cela, l’autre ne peut pas être résolu », a-t-il déclaré avec conviction dans ces échanges avec Pablo McKinney, rapportés par le quotidien dominicain Listin Diario.
« Ces mafias, avec ces chiffres, représentent assez d’argent pour tout le monde », a déclaré le Dr Nelson Espinal Báez, estimant qu’il est nécessaire d’appliquer une politique visant à « réprimer, punir et éliminer » la traite des êtres humains à travers la frontière, où « quiconque est surpris en train de trafiquer des clandestins soit condamné à 20 ans de prison », car, dit-il, le trafic d’immigrants illégaux est un crime contre la République Dominicaine.
Ces déclarations de l’homme de loi dominicain arrivent à un moment où le gouvernement de son pays mène une lutte acharnée contre les migrants en situation irrégulière en République Dominicaine, particulièrement les Haïtiens. Malgré l’appel des Nations Unies à cesser les vagues d’expulsion des migrants haïtiens dans des conditions inhumaines.
Entre 400 et 600 haïtiens sont rapatriés par jour par la Direction générale de l’immigration (DGM) de la République voisine, pour une somme de près de 115 mille rapatriements de janvier à juillet 2023 grâce aux opérations des agents de l’immigration. Ces vagues d’expulsion dénoncées par l’ONU et des organismes de droits humains en Haïti sont constitutionnelles et légales, selon le Directeur de la DGM, Venancio Alcántara.
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