Le Kenya doit-il intervenir en Haïti ?

OUI Saisissons cette main tendue

– Le Nouvelliste, Port-au-Prince

[N’éclipsons pas] le débat sur la proposition du Kenya de prendre la tête de la force multinationale appelée à venir au chevet d’Haïti, pays pris en otage par des gangs armés qui sèment le deuil et asphyxient l’économie. Les États-Unis et le Canada accueillent favorablement la proposition kényane. La République dominicaine, très active dans le lobby pour la prise en charge de la crise haïtienne par la communauté internationale, s’en réjouit. Le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, et son ministre des Affaires étrangères, Jean Généus, ont déjà publiquement souhaité la bienvenue au Kenya. Il ne reste que le vote du Conseil de sécurité des Nations unies pour entériner la proposition.

Dans un contexte où les pays ne se bousculent pas pour diriger une force armée internationale en Haïti, où Haïti s’enfonce de jour en jour dans la violence et l’ingouvernabilité, il est compréhensible que la proposition kényane soit bien accueillie par les voisins d’Haïti. Si certains voient en ce pays d’Afrique de l’Est un borgne qui veut conduire un aveugle, d’autres voient en lui un bon choix dans la mesure où il [est] confronté à des problèmes semblables à ceux d’Haïti. Il viendra comme en territoire connu.

Haïti, au bord du gouffre, de son côté, peut difficilement refuser une main tendue pour l’aider à combattre les gangs qui ne se donnent aucune limite dans leur cruauté. Comme s’ils cherchaient à justifier une nouvelle intervention militaire étrangère dans le pays, ils ne donnent pas de répit. Face à la souffrance des proches des personnes kidnappées, assassinées, violées, difficile de refuser l’offre kényane.

Pris en étau

Face au désarroi de ces hommes et femmes d’affaires qui sont obligés de fermer boutique, face à ces familles qui sont contraintes d’abandonner leur logement construit au prix de grands sacrifices, difficile de refuser l’aide du Kenya. Face au contrôle des axes routiers par des bandes armées transformant la circulation en un exercice périlleux, il est difficile de dire non à la solution kényane.

Les expériences du passé ont déjà démontré que les interventions étrangères ne sont pas la solution à nos crises. Peut-être que seuls nos

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