Elections régionales et municipales en Côte d’Ivoire : La résilience du PDCI-RDA et du PPA-CI saluée

Une semaine après les élections régionales et municipales du 2 septembre 2023, le président de l’Ong Alerte Conflit, Tanoh Niangoin Frédéric, était face à la presse pour livrer, à froid, son diagnostic.

Se prononçant sur l’organisation desdites élections locales, il a salué le fait que ce scrutin se soit déroulé dans un climat de paix, sans violence, en dehors de quelques cas isolés «…Nous sommes persuadés que si la CEI forme bien ses officiers électoraux, si elle tire de bonne foi les leçons de ses faiblesses et contre-performances et renforce, par conséquent, ses capacités en matière d’organisation des élections, en se débarrassant surtout de sa ruse avec l’équité, en d’autres termes, de son esprit partisan et de sa propension à sa redevabilité au pouvoir exécutif, plus aucune élection en Côte d’Ivoire ne sera violente sous sa gouvernance. »

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Se penchant sur les résultats obtenus çà et là par les partis politiques, Niangoin Frédéric a fait connaître sept (7) facteurs essentiels qui expliqueraient la soi-disant razzia du camp présidentiel : « Pour ce qui est des résultats jugés logiques d’une part et surprenants d’autre part, nos diagnostics et analyses mettent en relief au moins sept (7) points qui nous paraissent essentiels : Le premier révèle l’un des principaux mécanismes préélectoraux, notamment le découpage électoral biaisé mis en œuvre par le pouvoir en place aux fins d’avoir une majorité sociologique et même psychologique confortable des présidents de Conseils régionaux, des maires et des députés dans son fief ;

Le second met en évidence la déstructuration du corps électoral dans certaines localités du grand Centre et du Nord, du fait des effets directs ou collatéraux de la rébellion armée de 2002 ; Le troisième renvoie à l’absence d’opportunités ou d’intérêts pouvant conduire à la construction d’une citoyenneté locale au Nord avec les ressortissants des autres régions de la Côte d’Ivoire notamment du Centre, du Sud, de l’Ouest et même de l’Est, ce qui rend monocolore l’électorat du Nord devenu ainsi captif pour le RHDP ;

Le quatrième porte sur le chantage aux réalisations structurantes dont les routes, l’électrification, et la promotion du bilan du président Ouattara pourtant élu président pour tous les Ivoiriens ; Le cinquième porte sur la politisation des collectivités territoriales qui voient leurs objectifs contrariés par la caporalisation des fonctions de présidents de Conseils régionaux et de maires par les partis politiques, au point de mettre sous le boisseau les critères de compétences ;

Le sixième est le sursaut d’orgueil du PDCI-RDA qui, comme le roseau, a quasiment plié sans rompre dans ses bastions traditionnels. Le septième est l’égocentrisme du PDCI et du PPA-CI qui a ouvert grandement la voie de la mairie au RHDP qui ne demandait pas mieux.

Ces diagnostics et analyses justifient les victoires massives et logiques du RHDP dans le Nord et dans les Régions fortement impactées par la rébellion de 2002. Ils expliquent en même temps les défaites jugées surprenantes et catastrophiques de certains hauts cadres du RHDP dans le V Baoulé et à Abidjan… », a-t-il expliqué avant de saluer la résilience du PDCI-RDA et du PPA-CI qui, pour lui, ne disparaitront pas de sitôt sur l’échiquier politique national.

Ayant rappelé l’histoire récente des deux partis, notamment le PDCI avec la mort du président Houphouët-Boigny en 1993, le coup d’Etat de 1999, le récent boycott actif et le décès récent du président Henri Konan Bédié, a-t-il fait noter « …De plus, à un mois des élections régionales et municipales, le PDCI perd son charismatique patriarche et président. Ce parti bande le cœur de ses militants qui refusent d’abdiquer et se lance dans les élections régionales et municipales et s’en sort avec un score honorable. (…) Le fait marquant pour ces deux partis politiques, le PDCI et le PPA-CI, est que la conviction de leurs militants est très forte.

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En plus, ils ont déjà montré qu’ils peuvent fonctionner en l’absence de leurs leaders respectifs et qu’ils ont du vivier de qualité qui ne repose pas sur des transfuges. De tels partis politiques sont donc créés sur du solide et sont sûrs d’avoir longue vie et ne sauraient disparaître de sitôt… », s’est-il montré positif avant de signifier ses craintes pour le parti de Ouattara : « A contrario, le RHDP qui fait aujourd’hui feu de tout bois est un groupement de partis politiques qui renferme de nombreux transfuges dont la conviction semble circonstancielle pour la plupart. Il faut donc craindre que le moindre coup dur pour ce Parti qui a bâti son avenir autour d’un leader charismatique lui soit fatal. »

Le Nouveau Réveil

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