Revue de presse Afrique – À la Une: après le G5-Sahel, le G3…

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont donc décidé de faire front commun contre le terrorisme djihadiste. L’annonce a été faite samedi : les autorités militaires de Bamako, Ouagadougou et Niamey ont mis sur pied une alliance militaire inédite, baptisée AES, Alliance des États du Sahel. Une décision applaudie par le quotidien Aujourd’hui au Burkina Faso : « le G5-Sahel étant quasi en mort cérébrale et les armées (de nos trois pays) prises individuellement étant souvent efficaces mais pas efficientes, car les terroristes ne sont toujours pas vaincus, cette force tripartite (…) est à saluer, car on a eu de cesse de répéter que seule une mutualisation des forces des pays du Sahel pouvait vaincre la pieuvre terroriste. Si effectivement les armées de nos trois pays mettent leurs arsenaux et leurs renseignements en commun, il est certain que l’étau va se desserrer dans la zone des trois frontières et dans plusieurs localités occupées par les hommes du GSIM et de l’EIGS. Il faut donc se féliciter de ce triumvirat de « warriors » (de guerriers) en gestation. »

Des bâtons dans les roues ?

Le Pays, toujours à Ouagadougou, est plus mesuré… « La grande menace pour cette alliance, c’est l’instabilité politique. Il faut craindre qu’un éventuel autre bouleversement dans un seul des trois États – on croise les doigts – ne vienne enterrer l’union. Pire, l’organisation porte sur son dos l’animosité de certaines puissances sous-régionales et mondiales qui ne s’empêcheront pas de lui mettre des bâtons dans les roues. Cette éventualité est d’autant plus forte que l’AES n’est pas sans soulever de vives inquiétudes : elle ressemble plutôt à une coalition de pouvoirs kakis. Toute chose qui pourrait donner des idées à d’autres porteurs de kaki qui rêvent de prendre le pouvoir par les armes et de trouver en l’AES, une base arrière. »

Vers une fédération sahélienne ?

En tout cas, s’exclame L’Observateur Paalga, « si l’AES, que l’on pourrait surnommer le G3-Sahel, peut occire le G5 éponyme, peu de Sahéliens pleureront ce dernier. Au contraire, au Mali, au Burkina, au Niger et ailleurs, beaucoup crieront : « le G5 Sahel est mort, vive le G3 Sahel ». Et qui sait, si le Tchad et la Mauritanie, pays membres du si peu actif G5-Sahel, convaincus par les objectifs et les résultats futurs de l’AES, voudront y fédérer leurs efforts (…). » Le National à Bamako va plus loin avec cet édito intitulé : « avançons résolument vers la fédération ! » Le National qui affiche sa « satisfaction, qui, écrit-il, est celle de tous les Maliens soucieux du Mali et de l’Afrique, de nous voir avancer d’un pas ferme vers la réalisation du vieil idéal de regrouper nos États. Mais oui, bon sang, s’exclame encore le quotidien bamakois, c’est au nom de cet idéal que nous avons bataillé, depuis 2020 (depuis le coup d’État) pour retrouver notre souveraineté. »

Réussir là où les présidents civils élus ont échoué ?

Mourya au Niger affiche un bel optimisme : « les trois pays fondateurs de l’AES, marqués par les violences perpétrées et surtout concentrées sur la zone des trois frontières (…), devraient vite engager des bataillons militaires conjoints pour faire face au terrorisme régional, le défi commun des États du Sahel. (…) Les dirigeants militaires de l’AES devraient réussir là où les présidents civils élus ont échoué : la lutte antiterroriste collective entre les trois pays de la sous-région. »

Et Mourya de lancer cette injonction : « le Tchad, dirigé par le Général Mahamat Idriss Deby et donc par une junte militaire, le Tchad devrait signer la charte de l’alliance des États du Sahel. »

Enfin, le quotidien en ligne Malikilé s’interroge : « cette nouvelle alliance est-elle un G3-Sahel qui enterre définitivement le G5-Sahel en éjectant la Mauritanie et le Tchad, en attendant le même et prochain requiem pour la CEDEAO ? Décidemment, conclut Malikilé, les choses bougent en Afrique de l’Ouest. »

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.