« La France ne s’apprête pas » à accueillir les migrants de Lampedusa, assure Darmanin avant de se rendre à Rome

Après l’afflux de milliers de migrants sur la petite île italienne de Lampedusa la semaine dernière, Gérald Darmanin a annoncé ce lundi qu’il se rendrait à Rome dans « l’après-midi », « à la demande du Président de la république » pour discuter de la coopération européenne. Selon son entourage, le ministre de l’Intérieur doit rencontrer son homologue italien, Matteo Piantedosi.

« La France va aider l’Italie à tenir sa frontière pour empêcher les gens d’arriver », a expliqué Gérald Darmanin sur Europe 1 et CNews, l’Italie étant la première porte d’entrée vers l’Europe en provenance d’Afrique du Nord. Toutefois, « la France ne s’apprête pas » à accueillir les migrants arrivés à Lampedusa et dans le reste de l’Italie, a-t-il assuré. « Nous devons appliquer les règles européennes que nous avons adoptées il y a quelques mois qui consistent à faire les demandes d’asile à la frontière », a insisté le locataire de Beauvau.

Les migrants qui ne sont pas éligibles à la demande d’asile « doivent être renvoyés dans leur pays », a souligné Gérald Darmanin. Cela concerne « 60 % » d’entre eux, selon lui, en citant notamment ceux en provenance de « Guinée, Côte d’Ivoire, Cameroun ou la Gambie » où « il n’y a pas de question humanitaire ». Ces personnes-là « n’ont rien à faire en Europe », a déclaré le locataire de Beauvau.

En revanche, pour les personnes « persécutées pour des raisons politiques » dans leur pays, « ce sont des réfugiés » et donc éligibles à la demande d’asile, « la France, comme elle l’a toujours fait, pourra [les] accueillir ».

« Protéger les frontières extérieures de l’Union européenne »

« Ce serait une erreur d’appréciation de considérer que les migrants, parce qu’ils arrivent en Europe, doivent tout de suite être répartis dans tous les pays d’Europe et dont la France, qui prend déjà largement sa part », a ajouté le ministre de l’Intérieur, qui veut passer à Rome un message de « fermeté ». « Nous devons protéger les frontières extérieures de l’Union européenne », a-t-il déclaré. La direction du gouvernement italien de droite et d’extrême droite, dont la cheffe Giorgia Meloni, a reproché dimanche à ses partenaires européens de manquer de solidarité envers l’Italie.

Cela passe notamment par un meilleur déploiement de Frontex en Méditerranée, le développement « de meilleures actions pour empêcher les personnes de traverser », mais il faut aussi « travailler avec la Tunisie » qui connaît « une difficulté migratoire », a expliqué Gérald Darmanin.

Sur le pacte migratoire proposé par Emmanuel Macron à l’Union européenne qui consiste à faire la demande d’asile aux frontières, « tout le monde l’a adopté » mais il n’a toujours pas été mis en application. « Ceux qui bloquent ça au Parlement européen, c’est le Rassemblement national », a dénoncé le ministre de l’Intérieur. Il a accusé les élus du RN de faire du « tourisme électoral » en se rendant en Italie « pour dire que l’Europe ne fait rien ».

Gérald Darmanin ne se rendra pas à Lampedusa, comme la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen qui y a présenté un plan d’urgence dimanche, a précisé l’entourage du ministre. Ce plan d’aide en dix points, destiné à gérer l’urgence des flux migratoires vers l’Italie, prévoit de mieux répartir les demandeurs d’asile entre les pays européens ou encore de faciliter les retours.

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