La réalisatrice et journaliste Rachèle Magloire a présenté, mi-septembre, son dernier document « 1964, Simityè Kamoken”, devant un public curieux réuni à Port-au-Prince. Le film revient sur une page d’histoire de la résistance anti-Duvalier en 1964.
Le jeudi 14 septembre, en soirée, l’atmosphère à l’hôtel Karibe de Pétion-Ville était électrique, empreinte d’excitation et de curiosité. Les lumières tamisées, la salle presque comble et l’attente palpable préparaient le terrain pour une expérience cinématographique extraordinaire. À 17 heures, la réalisatrice et journaliste renommée, Rachèle Magloire, nous a transportés dans le temps grâce à son dernier long-métrage documentaire intitulé “1964, Simityè Kamoken”.
Le documentaire plonge les spectateurs dans l’histoire d’un événement survenu en 1964, lorsque 30 guerilleros exilés en République Dominicaine ont débarqué en Haïti avec l’intention de renverser la dictature de François Duvalier. Pendant l’été 1964, Fred Baptiste et sa troupe opèrent dans la région du Sud-Est pendant deux mois. Tout au long de leur mission, ils sont traqués par les forces gouvernementales, surveillés de près par les services secrets américains et parfois salués par l’opposition.
Rachèle Magloire, également journaliste, a mené des recherches approfondies pour raconter cette tranche d’histoire de manière authentique et émouvante. Elle a combiné des images d’archives rares, des interviews de témoins et des reconstitutions soigneusement réalisées pour donner vie à cette page de l’histoire haïtienne souvent négligée.
La projection du documentaire au cœur de la capitale haïtienne a été un événement en soi, réunissant un public diversifié, composé de citoyens passionnés d’histoire, d’activistes, de cinéphiles et de curieux avides d’en apprendre davantage sur cet épisode oublié, tels que le professeur d’histoire, Pierre Buteau, l’acteur Réginald Lubin, Anaïse Chavenet, journaliste et ancienne secrétaire de rédaction du Nouvelliste dans les années 90, Victor Benoît, homme politique haïtien ou encore Joël Widmaër, musicien.
Vivez la soirée en images ci-dessous |
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Rachèle MAGLOIRE, Marc Henley Augusin / Loop
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Marc Henley Augusin / Loop
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Rachèle MAGLOIRE, Marc Henley Augusin / Loop
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Rachèle MAGLOIRE, Marc Henley Augusin / Loop
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Marc Henley Augusin / Loop
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Rachèle MAGLOIRE, Marc Henley Augusin / Loop
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Marc Henley Augusin / Loop
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Marc Henley Augusin / Loop
Le film nous guide à travers les événements de 1964, mettant en lumière la bravoure et la détermination des hommes des Forces armées révolutionnaires haïtiennes (FARH) exilés en République Dominicaine face à l’oppression du régime de François Duvalier. De l’autre côté de la frontière, ils ont trouvé de l’aide des prêtres catholiques et d’anciens ministres de Duvalier pour pouvoir combattre le régime. Cependant, ils furent traqués et capturés par les autorités dominicaines. Livrés à Duvalier, ils sont devenus des prisonniers. La lutte a été anéantie, laissant derrière elle une traînée de violence et de répression brutale de la part de l’armée de Duvalier. Des centaines de paysans innocents ont été massacrés dans le Sud-est, à Grand-Gosier, Thiotte et Mapou, un aspect tragique de l’histoire haïtienne que le documentaire ne laisse pas dans l’ombre.
Après la projection, Rachèle Magloire a pris la parole pour partager ses motivations et son engagement envers la préservation de l’histoire haïtienne. Elle a souligné l’importance de connaître et de comprendre notre passé pour façonner un avenir meilleur. Le public a également eu l’occasion de poser des questions et de discuter de l’impact de ce documentaire sur la société haïtienne contemporaine.
« ‘1964, Simityè Kamoken’ est bien plus qu’un simple documentaire, ce travail était important pour moi. C’est un appel à l’action pour préserver la mémoire collective d’Haïti, à réfléchir sur les luttes du passé et à continuer à lutter pour un avenir plus juste et équitable”, a-t-elle déclaré. Rachèle Magloire a réussi à nous rappeler que, malgré les obstacles et les épreuves, l’esprit de résistance et de solidarité demeure ancré dans l’âme haïtienne.
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