la France saisit l’occasion des Jeux olympiques pour redorer son blason – EURACTIV.fr

Transports, village olympique, chambres d’hôtels… Alors que le monde entier aura les yeux rivés sur Paris à l’occasion des Jeux olympiques l’été prochain, la France entend prouver qu’elle peut rattraper son retard en termes d’accessibilité pour les personnes handicapées. 

La Première ministre a réuni mercredi (20 septembre) le Comité interministériel du handicap (CIH) en présence de dix ministres, dont Aurore Bergé, ministre des Solidarités, Clément Beaune, ministre des Transports, Fadila Khattabi, ministre des personnes handicapées et Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale. 

Si le comité fixe la feuille de route de chaque ministère en matière de handicap pour l’année à venir, les JO de 2024 ne laissent pas d’autre choix au gouvernement que de mener une politique ambitieuse. 

À l’occasion de l’évènement sportif, qui se déroulera du 26 juillet au 11 août 2024, Paris s’apprête à accueillir 350 000 personnes en situation de handicap. 

 Il reste des progrès à faire en termes d’accessibilité, a reconnu Élisabeth Borne, avant d’ajouter lors de la conférence de presse : « les Jeux olympiques et paralympiques doivent être un accélérateur pour améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap ».

C’est pourquoi, la Première ministre a signé un plan d’action avec les patrons de la RATP, de la SNCF et d’ADP (Aéroports de Paris) plus tôt dans la journée afin de renforcer l’accessibilité dans les transports d’ici à l’été 2024.

Le plan compte dix mesures que Matignon qualifie de « concrètes » et « atteignables ». Parmi elles, le développement de dispositifs sonores et visuels dans le métro pour les déficients sensoriels, une meilleure qualité des services d’assistance aux personnes handicapées, mais aussi un système de navettes spécialement dédiées aux spectateurs en fauteuil roulant. 

Les commerçants situés dans des villes accueillant des épreuves pourront demander une aide à la mise en accessibilité de leurs magasins. Le budget pour 2024 s’élève à 100 millions d’euros, précise Matignon. 

Enfin, le gouvernement ambitionne la mise en service de 1 000 taxis pouvant accueillir des personnes à mobilité réduite.

Handicap : la France tente de rattraper son retard sur l’Europe

Alors que la France s’est fait épingler mi-avril par le Conseil de l’Europe pour violation des droits des personnes handicapées, Emmanuel Macron a annoncé mercredi que l’accessibilité, l’éducation et l’emploi feraient désormais partie des priorités du gouvernement.

Situation française « préoccupante »

En somme, Matignon promet un « accueil plus favorable des personnes handicapées ». Un défi de taille compte tenu du fait que la France a été épinglée mi-avril par le Conseil de l’Europe pour violation des droits des personnes handicapées.

« La violation des droits des personnes en situation de handicap et de leurs familles par la France est établie », affirmait le Comité européen des droits sociaux (CEDS), organe émanant du Conseil de l’Europe dans son rapport publié le 17 avril. 

« La liberté et la dignité des personnes en situation de handicap sont entravées », écrivait le CEDS, citant notamment les difficultés d’accès à l’emploi, aux bâtiments et à l’éducation.

« Le gouvernement connaissait le rapport du Conseil de l’Europe et n’a pourtant apporté aucune réponse pendant la préparation de la conférence. Il y a beaucoup de colère chez les associations et les familles de personnes handicapées », avait déclaré à l’AFP Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Unafam, qui représente les personnes avec un handicap psychique.

Ce n’était pourtant pas la première fois que la France se faisait rappeler à l’ordre concernant ses politiques publiques sur le handicap : en septembre 2021, l’Organisation mondiale des Nations unies (ONU) avait également rappelé à l’ordre la France dans un rapport d’une vingtaine de pages. 

Les experts avaient jugé la situation française « préoccupante » et avaient invité le pays à revoir sa législation et à adopter rapidement des mesures plus inclusives. 

Reste à savoir si les mesures annoncées par le gouvernement suffiront à rattraper le retard de la France qui assure que « l’héritage des Jeux sera un héritage matériel et immatériel durable ». Réponse l’été prochain. 


Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.