en Guadeloupe, la gauche s’affronte dans un « patchwork » de dissidences

Dans l’archipel de Guadeloupe, trois sénateurs sortants vont tenter de conserver les trois sièges que le scrutin de dimanche 24 septembre remet en jeu : Victorin Lurel, Dominique Théophile et Victoire Jasmin. Alors que cette dernière figurait, en 2017, sur la liste de l’ancien ministre des outre-mer de François Hollande, elle vole cette fois de ses propres ailes. « Je suis une femme, j’ai un bon bilan, j’ai défendu mon territoire », fait valoir la sénatrice sortante, en avançant son envie « d’être un modèle pour les jeunes femmes guadeloupéennes ».

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Mais son ambition d’être tête de liste pour le Parti socialiste (PS) s’est fracassée sur les méthodes requises par les statuts du parti, lesquels prévoient la désignation des candidats par des votes des adhérents et militants locaux, et l’exclusion de ceux qui ne souhaiteraient pas s’y soumettre. « Elle n’a pas voulu respecter les règles, il était donc normal qu’elle sorte des instances du PS », note sans plus de formalité Victorin Lurel, désormais son adversaire.

Le socialiste mène sa campagne sur un choix qu’il résume ainsi : « Pour la politique de M. Macron ou contre la politique de M. Macron ». Un discours qui rappelle le rôle du Sénat, majoritairement à droite, face au pouvoir en place, et vise aussi le troisième sénateur sortant, Dominique Théophile, affilié au parti local Guadeloupe unie, solidaire et responsable, mouvance soutenue et financée par le parti présidentiel.

« Incertitude sur l’issue du scrutin »

« Je ne veux pas rentrer dans une forme d’athlétisme parlementaire qui consiste à dresser un bilan en dépolitisant l’élection », ajoute M. Lurel, qui mise sur une forte « opposition locale à Emmanuel Macron, y compris chez les grands électeurs », et rappelle les succès électoraux de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen en Guadeloupe lors de l’élection présidentielle de 2022. Mais il concède « une incertitude sur l’issue du scrutin » en raison de la dilution des votes provoquée par ces candidatures multiples et du risque de perdre un siège.

Car Victoire Jasmin n’est pas la seule à avoir fait sécession. Ces dernières années, l’ex-socialiste (il a été exclu) Jocelyn Sapotille a opéré de multiples allers-retours entre le PS, auquel il appartenait depuis longtemps, et une indépendance politique revendiquée. Le président de l’Association des maires de Guadeloupe a finalement, encore, fait le choix de la dissidence. « Moi, j’appelle ça la liberté », sourit la tête de liste, misant aussi sur ses colistiers pour remporter le siège. Car, dans des territoires comme la Guadeloupe, où l’on vote par amitié plus que par affinité politique, le scrutin de liste exprime toute sa force.

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