Avec notre correspondant, Stéphane Lagarde
Une grosse musique résonne quand les équipes font leur apparition. L’arène des sports électroniques d’Hangzhou est pleine comme un œuf pour ce premier match Vietnam-Tadjikistan sur Arena of Valor (Honor of King), l’un des sept jeux pour lesquels les meilleurs se verront attribuer une médaille d’or. « Je suis joueur moi-même et j’ai hâte de voir les athlètes s’affronter. C’est la première fois que les jeux entrent dans la compétition, ça fait des mois que j’en rêve. », explique avec les yeux qui brillent cet ingénieur informatique de 32 ans qui attendait ce rendez-vous avec impatience.
Sport de démonstration à Jakarta en 2018, le e-sport entre dans la compétition à Hangzhou en 2023. Pays le plus e-sportif du monde avec 490 millions de pratiquants et plus de 500 000 emplois liés au secteur, la Chine devrait dominer cette édition avec la Corée du Sud, l’autre pays du sport sur écran.
En attendant, c’est le Vietnam qui gagne… « Triple mise au sol », « chaos », « anéantissement », les mots s’affichent en grand pour surligner l’action sur l’écran. Le public s’enthousiasme comme au football. « Je suis très excitée, car je joue à ce jeu », dit cette étudiante venue avec son petit ami, lui aussi totalement fan. « C’est la première fois, on espère que les jeux vont être une vitrine mondiale pour les e-sports. Il y a beaucoup de monde qui joue ici », souhaite cette autre personne.
Quarante-six pour cent des revenus des jeux en lignes sont réalisés en Asie. Les recettes du secteur devraient atteindre près de 176 milliards en 2023. La Chine, qui a relevé récemment les restrictions imposées aux mineurs pour limiter la dépendance aux écrans, a relancé, dans le même temps, les approbations de titres proposés par les éditeurs.
Ce dimanche 24 septembre, les rencontres se sont poursuivies dans l’arène des e-sports d’Hangzhou transformées en chaudrons par des fans chauds bouillants. Des supporters, des équipes – cinq joueurs face à face en survêtement –, des arbitres, des replays ou même des ralentis : cela ressemble à du sport, mais ce n’est pas du sport, dit Johnny, qui lui aussi accompagne des amis. « Pour moi, ce sont des copains qui jouent sur les téléphones, et ce n’est pas du sport », déclare-t-il.
Sport ou pas sport, pour l’instant les instances olympiques n’ont pas encore tranché, mais s’intéressent de près aux 3,4 milliards de joueurs annoncés pour 2023, qui pourraient rajeunir les Jeux olympiques.
À écouter aussiDÉBAT DU JOUR – L’e-sport est-il un sport ?
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