Certains ont peut-être trouvé la formule paradoxale. Dans sa présentation lundi de la stratégie française pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, Emmanuel Macron a plaidé pour… relancer certaines exploitations minières. Le président a réclamé « une cartographie précise des ressources en matière de lithium, de cobalt qui se trouvent sur notre territoire », des métaux dits « critiques », nécessaires à la conception des batteries électriques. Le chef de l’État a également évoqué « les gisements d’hydrogène naturel », qui pourraient « jouer un rôle majeur pour produire l’énergie du futur ».
Dans un rapport publié en décembre 2021, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) estimait que les sous-sols français contiendraient près de 500 000 tonnes de lithium. L’instance ciblait à l’époque quatre gisements principaux à Tréguennec (Finistère), Montebras (Creuse), Chédeville (Haute-Vienne) et Beauvoir (Allier) ou la première mine d’extraction de ce « métal critique » doit voir le jour dans les cinq prochaines années.
Mais un autre gisement a récemment été découvert en Alsace par la société minière française Eramet, qui compte y produire du lithium d’ici 2030, depuis deux sites industriels déjà existants à Soultz-sous-Forêts et Rittershoffen (Bas-Rhin). Le projet mené avec « Électricité de Strasbourg consiste à pomper les saumures géothermales (de l’eau enfouie à 2-3 km de profondeur, chargée de métaux), y extraire la chaleur et le lithium et réinjecter l’eau dans les sous-sols.
« Notre procédé a l’avantage d’être moins consommateur en ressources que les procédés conventionnels d’extraction de lithium », explique Ludovic Donati, directeur du projet chez Eramet. « L’objectif est de produire au moins 10 000 tonnes de lithium par an d’ici 2030 », ajoute le responsable, qui se félicite que ce type de projet permette de « réduire notre dépendance pour les métaux critiques ».
Les quantités de lithium que l’entreprise espère y récolter sont cependant moindres que celles des mines situées sur d’autres continents. À titre de comparaison, Eramet prévoit d’extraire environ 24 000 tonnes de lithium par an de son gisement en Argentine.
Peu de cobalt en France métropolitaine
Également évoqué par Emmanuel Macron, le cobalt, nécessaire lui aussi à la fabrication des batteries électriques, serait moins abondant dans nos sols. « En France métropolitaine, le cobalt est actuellement recensé en substance secondaire sur neuf sites, sans mettre en évidence un potentiel économique significatif », indiquait le BRGM dans son rapport. Seule la mine de Fanny, près de Kruth (Haut-Rhin) indique une production qui dépasse les cinq tonnes.
Quant à l’hydrogène naturel, un gisement a été découvert autour du puits de Folschviller en Moselle. Interrogés par France bleu, les chercheurs à l’origine de la découverte sont optimistes et estiment que quelque 46 millions de tonnes d’hydrogène, soit plus de la moitié de la consommation mondiale actuelle, pourrait y être extrait. Une demande de permis de recherche a également été déposée dans le Béarn et une autre entreprise a obtenu l’autorisation de chercher de l’hydrogène blanc dans les sous-sols du Doubs, selon le média Reporterre.
Malgré l’optimisme concernant ces ressources, les experts appellent à rester mesurés quant à la perspective pour la France de sortir de la dépendance d’ici quelques années. « On est au début d’un chemin nécessairement long vu l’état de notre industrie », juge Olivier Appert, conseiller du Centre Énergie & Climat de l’Ifri. « Mais le changement de ton qui consiste à concilier l’industrie et la transition écologique est positif ».
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